CIA : LA PREHISTOIRE
Within few days, precisely in 26th of July, the Central Intelligence Agency(CIA), is going to celebrate its 60th anniversary. The CIA was cretated, as the National Security Council,(NSC), the Armed Forces, the US Air Force, by the National Security Act of 1947. Intending To understand this intricate machinery, we publish a set of articles dealing with the structure and the scope of the CIA. In the present article, we describe the modern forerunners of the american intelligence.
A l’occasion du 60ème anniversaire de la création de la CIA le 26 juillet 1947, nous commencerons la publication d’une série d’articles sur cette institution hors du commun tant par sa structure et par son fonctionnement que par l’importance de son rôle déterminant tant à l’intérieur des USA que dans l’histoire de la politique étrangère.
CIA : PREHISTOIRE(1)
La préhistoire de la CIA commence avant la Seconde Guerre mondiale quand William J. Donovan fonda l’OSS (Office of Strategic Services) chargé de collecter et de coordonner le domaine du renseignement qui était scindé entre le Secrétariat d’Etat, le ministère de la guerre. La collecte des renseignements se faisait généralement au cours des réunions publiques et occasionnellement par des réunions clandestines et des contacts secrets. Les informations collectées étaient ensuite envoyées à Washington sous forme de rapports pour être étudiées et analysées par deux services spécialisés : les services des renseignements militaires, l’ONI(The Office of Naval Intelligence) et par la division des renseignements militaires du ministère de la guerre, connu sous le nom de G-2). Il n’y avait pas d’échange d’informations entre le Secrétariat d’Etat et le commandement militaire qui avaient chacun ses propres services de renseignements et ses propres procédures de lutte contre l’espionnage.
Dans les années 1930, la peur de la montée des communistes et des fascistes en Europe, à qui on a donné le nom de cinquième colonne poussa Franklin Roosevelt à créer, avec l’aide de deux fonctionnaires anglais John H. Godfrey et William Stephenson, une nouvelle organisation destinée à dédoubler certaines fonctions des agences existantes. Le 11 juillet 1941 il nomma à sa tête William J. Donovan comme Coordinateur d’information (COI, Coordinator of Information) attaché directement à la Maison Blanche. Le COI fut ainsi la première organisation chargée de collecter et d’analyser toute information ou toute donnée relative à la sécurité nationale et de transmettre telle information et telle donnée au Président et aux différents départements d’Etat. Le COI se transforma vite en une unité de coordination chargée d’organiser la recherche, le renseignement, la propagande, la subversion et les opérations commando considérés comme les nouveaux moyens de la guerre moderne. Parmi l’œuvre novatrice de Donovan fut la création d’une nouvelle unité spécialisée dans l’espionnage financée sur les fonds propres de la Présidence.
Donovan recrutait ses agents parmi ceux qui voyageaient à l’étranger et parmi les étudiants les plus brillants formés dans les prestigieuses universités américaines de la cote Est, parmi les étudiants des grandes écoles qui apportaient avec eux une solide formation théorique et une discipline académique. Entouré de toutes ces compétences, le COI créa son propre centre de recherche, la R&A(Research and Analysis Branch). Donovan voulait tester son hypothèse de départ selon laquelle les problèmes du renseignement peuvent être résolus grâce à des recherches dans les librairies, les journaux, les ministères du gouvernement et l’industrie. Il suffit de mettre un peu d’ordre dans tous ces matériaux et documents dispersés pour obtenir les résultats souhaités. Après l’entrée des USA dans la guerre en décembre 1941, le COI était placé sous l’autorité d’une organisation militaire, le (JCS) Joint Chiefs of Staff et dirigé par le brigadier chef Walter B.Smith. Tout en maintenant le service d’information étrangère du COI en dehors de l’influence militaire, le président Roosevelt scinda le COI en deux parties : l’une était placée sous l’autorité militaire du nouveau Office of War Information et l’autre partie du COI changea de nom le 13 juin 1942 en devenant l’OSS(Office of Strategic Services). Un mois plus tard, l’OSS se vit déchargé de toute responsabilité dans l’acquisition et le décodage des plus importantes sources de renseignement : les communications interceptées de l’Axe en lui confiant seulement la lecture des messages allemands interceptés du service allemand des renseignements, ULTRA. Face à l’opposition du FBI, du G-2 et d’ONI d’opérer dans l’hémisphère ouest, l’OSS de Donovan se contenta de mener des opérations en Afrique du Nord en envoyant sur place une dizaine d’officiers nommés « vice consuls » pour préparer le débarquement des alliés dans le cadre de l’opération TORCH en novembre 1942.
A la fin de 1944, l’OSS employait presque 13 000 hommes et femmes et Donovan dirigeait 1000 officiers, environ 7500 travaillant à l’étranger et 4500 étaient des femmes. Dans le budget de l’année 1945, l’OSS avait dépensé 43 millions de dollars portant au bout de ses quatre années d’activité à environ 135 millions de dollars, l’équivalent de 1,1 milliards de dollars actuels)
COLLECTE DE RENSEIGNEMENTS DE L’OSS
A- Research and Analysis Branch(R&A)
Inspirée par la vision de Donovan, l’OSS fonda un service Resarch and Analysis Branch(R&A) dirigé par un historien de l’université de Harvard et groupant 900 membres. La R&A recrutait dans toutes les disciplines académiques surtout des historiens, des économistes, des politologues, des géographes, des psychologues, des anthropologues et des diplomates. Des professeurs affluaient de toute l’Amérique pour contribuer aux efforts de guerre grâce à leurs connaissances académiques. Parmi les hommes connus, il y avait Arthur Schlesinger, Jr, Walt W.Rostow, Herbert Marcuse, Gordon Craig, John King Faibank, Sherman Kent. Parmi les vétérans de la R&A, il y avait sept présidents de l’American Historical Association, cinq de l’American Economic Association et deux prix Nobel.
Grâce aux renseignements fournis par son unité, Enemy Objectives Unit(EOU), les bombes alliées purent détruire les usines de fabrication des avions allemands à la fin de 1943 et début 1944. Le rôle de l’EOU fut aussi l’identification des lieux de stockage des carburants dont la destruction avait permis de clouer au sol les avions mais aussi des milliers de chars et de transporteurs de troupes faute de diesel et de gasoil.
B- Special Operations Branch(SO)
Cette branche était spécialisée dans l’organisation des campagnes de guérilla en Europe et en Asie. Le travail de cette unité avait été inspirée par les expériences anglaises dans le domaine de la guerre psychologique « psychological warfare ». Entre l’occupation de la France en 1940 et l’invasion de l’Union soviétique en 1941, les Anglais avaient mené dans le cadre de leur service, Special Operations Executive(SOE), une série d’actions allant du sabotage, à l’espionnage, aux opérations commandos et à la guérilla urbaine à l’intérieur des territoires occupés pour faciliter l’avancée des armées alliées. En 1942, l’OSS avait participé au côté des Anglais dans ces opérations de « subversion » au moment où la Special Operations Branch(SO) collaborait étroitement au côté de la SOE dans l’unité spéciale appelée Jedburg parachutée en France durant l’été 1944 pour appuyer le débarquement des alliés en Normandie. Les Jedburgs qui avaient rejoint la résistance française étaient formés de 93 groupes composé chacun de trois hommes : un membre de la SO, un officier anglais et un spécialiste de la radio appartenant la France Libre du général de Gaulle. Après leur parachutage, les Jedburgs aidèrent par leurs renseignements, l’avancée des troupes alliées. Parmi les membres de la SO, il y avait une femme, Vriginia Hill qui débarqua en France en mars 1944 et qui aida la résistance française en dressant la carte des zones de parachutage des vivres et des commandos venant de l’Angleterre.
Les groupes opérationnels de l’OSS combattirent en France, en Italie, en Grèce, en Yougoslavie, en Birmanie, en Malaisie et en Chine. En 1943, une unité spéciale the Morale Operations Branch(MO), se détacha de la SO pour s’occuper de la propagande « noire », « black » propaganda, une unité spéciale chargée de démoraliser les troupes allemande et japonaise et de soutenir la morale des résistants civils contre leurs gouvernements à Berlin et Tokyo. Les méthodes suivies par la MO consistaient à propager des rumeurs sur la santé de Hitler, distribution des tracts subversifs, collage d’affiches et slogans. A la fin de la guerre, la MO et des agences civiles et militaires persuadèrent les décideurs à Washington que la guerre était aussi bien psychologique que militaire et économique.
ESPIONNAGE ETRANGER
En 1942, William Donovan créa au sein de l’OSS, la Secret Intelligence Branch(SI) pour mener des opérations d’espionnage et de collecte de renseignements à l’étranger. Dirigé en 1943 par l’avocat Whitney H. Shepardson, la SI se transforma à la fin de la guerre en un service de renseignement étranger ayant des branches en Europe, en Asie et au Moyen Orient.
Allen W. Dulles qui dirigeait la branche Europe à Berne en Suisse, à partir de novembre 1942, fit appel au service de renseignement militaire français pour lui fournir des rapports sur le déploiement allemand en France ; Il établit des liens avec des émigrés allemands et des mouvements de résistance et même avec des officiers de renseignements nazis. Dulles avait même été contacté par un haut fonctionnaire du ministère allemand des affaires étrangères, Fritz Kolbe, qui proposa sa collaboration par l’envoi des rapports de Berlin. La collaboration de Kolbe permit même de démasquer un espion allemand « Cicero » travaillant comme domestique à l’ambassade Britannique en Turquie.
Les activités secrètes de la SI ne s’arrêtèrent guère aux capitales étrangères mais elles s’étendirent aussi sur le territoire de l’Allemagne nazi. La branche londonienne de la SI dirigée alors par William J. Casey trouva des « volontaires », environ 200, parmi les prisonniers de guerre de l’Axe, qui avaient été transformés en agents de renseignements, formés et équipés avec du matériel et de faux documents puis introduits secrètement en Allemagne durant les derniers mois de la guerre. Ces agents s’établirent dans les différentes villes allemandes, à Brême, Munich, Dusseldorf, Essen, Stuttgart, Vienne et même à Berlin. 36 agents furent découverts et tués mais leurs renseignements collectés sur des objectifs militaires et industriels avaient aidé les armées alliées dans leur assaut terrestre sur l’Allemagne nazie.
William Donovan ne s’intéressa pas seulement à l’espionnage mais aussi au contre-espionnage. C’est pourquoi il créa au début 1943 au sein de l’OSS, une unité de contre-espionnage, appelée X-2. Sa mission consista à aider les services de sécurité britannique dans l’interception des messages du service de renseignement allemand ULTRA. Grâce au professionnalisme du chef de la branche italienne de X-2 à Rome, James J. Angleton, les services de contre-espionnage américains purent exploiter utilement les informations de ULTRA.
Pour ses missions secrètes, le général Donovan se dota d’une technologie de pointe grâce à des ingénieurs et des techniciens groupés dans une branche spéciale de l’OSS, Research & Developement Branch(R&D), une unité fut confiée à un chimiste de Boston, Stanley P. Lovell. Les produits fabriqués étaient des pistolets silencieux, des minuscules caméras, des balises électroniques et des téléphones portables, notamment le « Joan-Eleanor » qui permettait aux agents de converser en toute sécurité avec un avion volant très haut. La R&D avait produit également une myriade de documents destinée aux agents qui se trouvaient en terre ennemie pour changer leur identité. Des cartes de ration, des permis de travail et des cartes d’identité et même de la monnaie allemand et japonais avaient été secrètement collectés et reproduits à l’identique puis distribués aux agents chargés de leur future mission. L’apparence physique avait requis un intérêt particulier et devait être méticuleusement préparée. Par exemple, chaque agent devait porter des habits conformes aux traditions vestimentaires du secteur dont il avait la charge. Ses lunettes, sa brosse à dents, son rasoir, sa trousse à toilette, sa valise de voyage, ses chaussures devaient correspondre exactement à ceux du pays à espionner. Les projets de sabotage et les infiltrations côtières donnèrent lieu à la création au sein de l’OSS, de la Marine Unit, une section indépendante utilisant des bateaux spécialement équipés et munis d’explosifs, de montres imperméables, de compas, d’aquaplane gonflable et motorisé et de canoë kayak pour deux personnes.
FIN DE L’OSS ET DEBUT DE LA CIA
L’OSS fut un lieu de formation et un laboratoire d’expérimentations pour les futurs directeurs de la CIA. Parmi eux, on trouve, Allen Dulles, Richard Helms, William Colby et William Casey. Curieusement l’homme qui avait fondé l’OSS, en l’occurrence William J.Donovan, ne fit pas la transition entre l’ancienne et la nouvelle institution. Soudainement sur ordre du président Truman, la dissolution de l’OSS avait été décidée le 1 octobre 1945 et son unité Research & Analyse Branch fut rattachée au Secrétariat d’Etat. Les SI et X-2 furent récupérés par le département d’Etat à la Guerre. Certes l’ère de Donovan avait pris fin mais un de ses amis, John J. Mcloy avait pu sauver les SI et X-2 qui avaient intégrés dans une nouvelle structure la « Strategic Services Unit »(SSU). Le personnel des SI et X-2 avait été affecté à une nouvelle organisation, le CIG (The Central Intelligence Group) transformé en 1947 par le NSA (National Security Act) en CIA(Central Intelligence Agency). Certes, la CIA n’était plus l’OSS mais sans le travail accompli durant des années par Donovan, et ses équipes avant et pendant la guerre, l’administration Truman aurait probablement mis des années avant de créer une nouvelle organisation du renseignement. Même des décennies après sa dissolution, l’OSS continue à inspirer toute réforme et toute réorganisation comme le prouve la création par le Pentagone en 1987, de l’USSOCOM, the US Special Operations Command, une structure inspirée par la doctrine de Donovan qui concevait les opérations spéciales comme faisant partie des opérations militaires régulières. Pour mener à terme ses activités, la CIA s’inspire aujourd’hui de deux principes jadis défendus par le Général Donovan à savoir le renseignement intégré et la mise en œuvre des moyens et des méthodes non conventionnels.
FAOUZI ELMIR
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