COMMENT PACIFIER LE MOYEN-ORIENT PAR L'ARME NUCLEAIRE

Publié le par ELMIR

 
Ce texte est une version modifiée d’un article à paraître au Bulletin de l’International. Il développe l’idée de la nécessaire parité nucléaire entre les différents protagonistes dans conflits du Moyen-Orient pour pacifier cette région très perturbée de la planète.
 
PACIFIER LE MOYEN –ORIENT PAR LA BOMBE ATOMIQUE
 
Aujourd’hui la région du Moyen-Orient se souvient qu’il y a quarante ans, le 6 juin 1967, éclatait une première guerre arabo-isralienne. C’est l’occasion d’opérer un retour sur ce conflit dramatique qui ensanglante cette partie du monde depuis bientôt soixante. Sur cet anniversaire dramatique de la guerre des Six jours, on a lu et entendu beaucoup de lamentations et de cris de désespoir lancés par le monde arabo-musulman. Jusqu’ici, toutes les solutions politiques et militaires se sont révélées vaines et l’on n’entrevoit guère à ce jour une lueur d’espoir pour cette tragédie qui est en train de se jouer, la pire depuis la Seconde Guerre mondiale. Comment faire devant tant de vies humaine sacrifiées de part et d’autre ? il est vrai que ce que nous voulons développer dans cet article va peut-être paraître pour certains comme un scénario abominable et immoral. Mais quand le chirurgien procède à l’ablation d’un organe pourri du corps humain n’accomplit-il pas un acte salutaire vis-à-vis de son malade? il nous a semblé qu’une région aussi troublée que celle du Moyen-Orient traversée par tant d’événements dramatiques et de guerres à répétition depuis la fin de la Deuxième Guerre, a enfin besoin d’une onde de choc salutaire et d’un remède aussi salutaire que l’armement nucléaire. Cette idée peut dès prime abord aller à l’encontre de tous les efforts visant à limiter la prolifération nucléaire dans le monde, mais tous les traités de non-prolifération nucléaire n’ont fait qu’accélrer la course aux armements et une prolifération effrenée à la possession de l’arsenal atomique. Car ces traités visent seulement à limiter mais non à prohiber ou à interdire la fabrication ou la détention de la bombe atomique. En revanche, l’histoire politique et géostratégique de certaines zones géographiques dans le monde nous montre bien au contraire que la prolifération nucléaire, loin d’augmenter les conflits, a joué un rôle stabilisant et pacifiant en les limitant et même en les annihilant. Le continent européen n’est-il pas l’exemple-type de l’efficacité de la bombe atomique dans la pacification de cette région du monde?
 
L’EUROPE, UN CONTINENT PACIFIE PAR LA BOMBE ATOMIQUE
 
Un petit rappel historique suffit à montrer la pertinence de notre approche du problème du Moyen-Orient. En 2005, le monde a célébré le triste soixantième anniversaire du largage par les Américains de la première bombe atomique sur le Japon en 1945. Les commentaires que l’on a pu voir et entendre à cette occasion que la bombe atomique, bien qu’elle eût exterminé 200 000 personnes en quelques secondes, épargnât la vie à des millions d’êtres humains en mettant à genoux le Japon et en terminant la Deuxième Guerre mondiale. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe s’est de nouveau divisée en deux blocs antagonistes. Malgré cette division, ce qui a contribué à la pacifier, c’est la bombe atomique. Le 11 septembre 1945, Henry L. Stimson, Secrétaire d’État à la Guerre estime que l’apparition de la bombe atomique a profondément affecté les questions politiques dans tous les coins du globe. Il a considéré à l’époque que la question n’était pas de savoir si et quand l’Union soviétique allait fabriquer sa bombe atomique mais que sa possession par le régime communiste était un facteur de coopération entre les USA et l’URSS. La suite des événements lui a donné raison. En effet, l’Union soviétique a ainsi pu développer son arme atomique entre 1945 et 1957 et l’émergence d’une puissance nucléaire en Europe face à une autre puissance nucléaire, les USA, a entraîné par voie de conséquence une modification de la pensée militaire américaine. Par la suite, les autres pays du continent européen lui ont emboîté le pas: la Grande-Bretagne, aidée par ses alliés américains fabrique sa première bombe en 1952, la France en 1960 et la Chine en 1964. Pour pouvoir intervenir en toute impunité dans les zones stratégiques de la planète, les Américains ont mis en place en 1968, le traité de non-prolifération nucléaire(TNP). Ayant considéré l’arme atomique comme une force de dissuasion très efficace, certains États ont refusé de signer le TNP et ils ont procédé en toute illégalité internationale à la fabrication de leurs propres bombes atomiques comme Israël, l’Inde et le Pakistan. Avec l’aide de la France, à peine a commencé la construction de ces deux centrales nucléaires Osirak et Tammouz, qu’elles ont été détruites par la chasse israélienne. Depuis que l’Irak de Saddam Hussein a manifesté sa volonté de se doter de l’arme atomique, les Occidentaux ont trouvé le prétexte de l’invasion du Koweït pour l’affaiblir militairement avant de l’envahir en 2003. Les Occidentaux ont réussi à convaincre en passant le bouillant Colonel Kadhafi de renoncer à ses ambitions nucléaires moyennant une normalisation de leurs relations avec la Libye. Ils mettent en œuvre la même stratégie d’abandon du nucléaire avec l’Iran qui a accepté de geler dans un premier temps l’enrichissement de son uranium avant que le programme nucléaire iranien ne soit relancé avec l’arrivée d’Ahmadinejad au pouvoir à Téhéran.
 
Cela dit, la paix en Europe n’a pu être obtenue et préservée qu’au prix de la détention de la bombe atomique respectivement par l’URSS, la France et la Grande-Bretagne. À cause de la diversité de ses peuplements et suite à l’effondrement de l’Eglise médiévale, l’Europe semble être un continent extrêmement divisé et bien plus compliqué que le Moyen et le Proche-Orient dont les sociétés sont beaucoup plus homogènes et plus soudées par l’islam et la langue. Et pourtant, l’Europe, contrairement au Moyen-Orient, a connu depuis la Seconde Guerre mondiale, une paix et une stabilité que tout le monde envie. La paix et la stabilité ont été assurées grâce à la bombe atomique qui est en soi l’invention la plus abominable qui soit sortie du cerveau humain mais qui, à y réfléchir un peu, peut être l’antidote le plus efficace contre les guerres et les troubles. Dans un article publié dans « politique étrangère »(N 1, 83), Lothar Ruehl, ancien Secrétaire d’État auprès du ministre de la défense de la République fédérale d’Allemagne, met en évidence la dissuasion nucléaire et son rôle stabilisant en Europe. Il écrit «  En 1983, il est encore possible d’affirmer que la dissuasion contenue dans les forces alliées en place, dans le système de riposte graduée avec les forces nucléaires régionales en Europe et surtout dans le potentiel stratégique occidental, est capable de jouer en cas de crise ». Et Ruehl d’ajouter «  En l’absence d’une preuve formelle d’efficacité de la dissuasion nucléaire, il est permis de constater que la guerre, préoccupation majeure, tant crainte et décrite à l’avance, n’a pas eu lieu en Europe ni ailleurs, entre les deux puissances mondiales qui disposent des moyens de la faire. Ce fait incontestable est très souvent passé sous silence par ceux qui critiquent la dissuasion nucléaire par les armes nucléaires…. L’Union soviétique et les États-unis d’Amérique, la France et la Grande-Bretagne ont été parties à des guerres et confrontations armées dans le monde, ce qui laisse penser que ce n’est pas la vertu ou une pensée élevée, éclairée des bienfaits de la paix en toute circonstance, qui ont empêché ces puissances d’arriver au bord de la guerre en Europe. La prudence qu’inspire la connaissance des effets de l’arme nucléaire a sans doute joué en faveur de la paix et jouera probablement encore dans ce sens » On ne peut que saluer la perspicacité de ce visionnaire et si les peuples du Proche et du Moyen-Orient avaient mis en œuvre la même force de dissuasion, ils ne seraient pas en train de se battre aujourd’hui, soixante après la création de État d’Israël. Si l’état de guerre continue, c’est à cause de l’absence d’une véritable stratégie arabe de contre-force pour empêcher n’importe quel agresseur à l’intérieur ou à l’extérieur de cette région d’intervenir en toute impunité sans avoir à l’idée que son acte hostile pourrait lui coûter horriblement cher.
 
L’ARME ATOMIQUE, INSTRUMENT DE PACIFICATION DU MOYEN-ORIENT
 
Les spécialistes du Moyen-Orient réduisent les guerres et les conflits dans cette zone géographique au conflit israélo-palestinien. Cette vision réductrice empêche de voir les véritables causes de ce conflit et de toutes les guerres et les troubles qui traversent cette région à intervalles réguliers. La véritable source de tous les conflits et les guerres au Moyen-Orient réside dans le déséquilibre des forces entre les belligérants et la détention de l’arme atomique par Israël. D’ailleurs, dès la guerre de Six Jours, de l’aveu même de l’auteur de l’Ouvrage, Israël and the Bomb, Avner Cohen, l’État hébreu que les Français avaient discrètement aidé à acquérir les premières composantes de la bombe atomique, s’est doté de l’arme nucléaire dans la tourmente de la guerre de 1967. C’est la raison pour laquelle, Israël n’a pas signé le traité de non prolifération nucléaire mis en place par les Américains en 1968 pour empêcher essentiellement les pays arabes de se doter de l’arme nucléaire qui aurait pu créer une contre-force et équilibrer les rapports de forces en présence à l’instar de la bombe atomique soviétique qui avait représenté une contre-force face à la puissance nucléaire américaine. Aujourd’hui l’État Hébreu possède entre 75 et 200 têtes nucléaires face à des pays arabes qui engloutissent des sommes colossales à acquérir des armes conventionnelles dépourvues de toute efficacité stratégique sinon de mater éventuellement des révoltes populaires à l’intérieur de leurs pays. On comprend dès lors toutes les agitations et les manœuvres militaires, politiques et diplomatiques des USA et des pays européens pour empêcher l’Iran de maîtriser même l’énergie nucléaire civile malgré l’adhésion de ce pays au TNP et la signature d’un protocole additionnel pour la surveillance des activités nucléaires des pays signataires. Car la maîtrise de l’énergie nucléaire par la République islamique et l’éventualité de conduire un jour à la fabrication de la bombe atomique entraînerait de facto une contre-force dans la région du Moyen-Orient face à Israël et changerait irréversiblement la donne stratégique dans cette région du monde. D’abord, l’arme atomique iranienne pousserait les autres pays de la région à en revendiquer la possession au même titre que l’Iran et Israël et priverait les USA et les pays occidentaux de la vente des armes conventionnelles aux pays arabes. À quoi bon d’acheter cent ou deux avions F 16, des rafales et des Mirages si seulement une petite bombe de quelques mégatonnes suffirait pour faire réfléchir l’adversaire sur les conséquences de son attaque. Avec un Moyen-Orient où toutes les parties seront en possession de leur arsenal nucléaire et où les forces en présence seront à égalité nucléaire, l’équilibre de la terreur jouera pleinement son rôle comme ce fut le cas en Europe après la Deuxième Guerre mondiale où après des siècles de guerres et de conflits, il a fallu la bombe atomique pour pousser les anciens belligérants à s’asseoir autour d’une table afin de parler, négocier et construire ensemble l’avenir. L’Inde et le Pakistan qui n’ont cessé de se guerroyer depuis leur indépendance en 1947, parviennent à enterrer la hache de la guerre grâce à leurs armes atomiques. Il n’y a aucune raison que la région du Moyen-Orient soit une exception à la règle. Par voie de conséquence, tous les problèmes de la région en premier lieu, le conflit israëlo-palestinien trouveront leur solution finale. Le terrorisme islamique aura également disparu du fait de la disparition des causes qui l’ont provoqué, l’intervention des forces étrangères en terre d’Islam.
 
Evidemment, ceux qui défendent de bonne foi un monde sans arme nucléaire trouveront immorale la course aux armements nucléaires dans une région aussi explosive que le Moyen Orient. Mais nous leur disons, sans une parité nucléaire entre les différentes forces en présence dans cette région, une parité capable d’amener les protaginistes à négocier sans arrières-pensées politiques, c’est la guerre de Cent Ans que le Moyen Orient s’apprêtera à vivre.
 
FAOUZI ELMIR    
 
 
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