TOUR DE FRANCE:DECEREBRER LA MASSE ET FAIRE SON BEURRE

Publié le par ELMIR

TOUR DE FRANCE : DÉCÉRÉBRER LA MASSE ET FAIRE SON BEURRE Avec l’éducation, la télévision et la presse, le sport est un puissant levier dont disposent les États capitalistes pour décérébrer les masses. Aussi les grands groupes capitalistes trouvent-ils dans le sport leur compte et surtout leurs comptes bancaires. Le succès populaire dont jouissent certains sports de compétition comme le Tour de France cycliste et le foot témoigne de l’état de délabrement mental des hommes qui est la condition sine qua non de leur asservissement politique et idéologique. Par simple curiosité, nous nous sommes rendus sur un des lieux de passage du Tour de France. Dès les premières heures de la matinée, des routes ont été fermées et des effectifs de la gendarmerie nationale ont été déployés tout au long du parcours des cyclistes. Pour faire de la publicité pour leurs produits en profitant du champ des caméras de télévision, certaines entreprises avoisinantes ont sorti leurs véhicules publicitaires. Des marchands ambulants ont dressé tentes et parasols en proposant boissons rafraîchissantes, sandwichs et braisier (le barbecue). Pour ne pas rater le « spectacle de leur vie », badauds, estivants français et touristes se sont massés aux abords des routes sous un soleil de plomb en attendant le passage des cyclistes du tour de France. Comme tous les curieux et les badauds, nous attendions impatiemment le passage des coureurs cyclistes du Tour de France. Quelques minutes après notre arrivée, nous voyons passer des véhicules publicitaires, Belin, Carrefour, Panach, LCL etc. Quelques minutes plus tard, suivent d’autres véhicules publicitaires appartenant à d’autres sponsors, Skoda, Etap Hotel, Cochonou, Norbert Dentressangle. Après un moment d’accalmie, nous voilà de nouveau avec d’autres véhicules de sponsors comme Festina, CSC, Antargaz, Brandt, Orange, Nesquik, Haribo, Ricoré, Sodexo, Culture Vélo, Kawasaki, Mavic, Kleber, Petit ambulances. Cela faisait plus d’une heure que nous attendions sous un soleil de plomb et le spectacle auquel nous avons assisté jusqu’ici, c’est un défilé ininterrompu des marques et des sponsors du Tour de France. Puis, nous voyons enfin arriver furtivement les premiers coureurs du tour de France suivis par les autres coureurs du peloton. Tout compte fait, la durée du spectacle, c’est-à-dire voir en sang et en chair les coureurs cyclistes du Tour de France n’a pas dépassé une minute alors que les spectateurs que nous avons passé plus d’une heure et demie sous un soleil de plomb à regarder passer les voitures publicitaires des marques et des sponsors du Tour de France. Le spectateur ne voit pas la même chose que le téléspectateur. Ce que montre la télévision ne correspond aucunement à la réalité, car le téléspectateur voit des coureurs cyclistes alors que ceux qui attendent sur les lieux de passages du tour de France, assistent à un défilé ininterrompu de marques et de sponsors. Cela s’appelle en langage juridique, une tromperie sur le produit, c’est-à-dire, vous croyez acheter un tel produit mais en réalité le vendeur vous vend autre chose, un autre produit qui n’a rien à voir avec ce que vous recherchiez initialement. Le Tour de France est d’abord et avant une entreprise commerciale qui utilise le sport pour faire de l’argent et rien que de l’argent. Les coureurs cyclistes, les Contador, les Armstrong, les Schleck, sont en réalité des marchandises comme les produits que l’on achète à Carrefour. Les cyclistes du Tour de France se dépouillent de leur identité pour devenir la propriété de leurs sponsors pendant toute la durée de la course. Tel coureur ou tel autre est membre d’une équipe propriété d’une marque ou d’une banque. Le tour de France est lui-même organisé par une entreprise capitaliste, Amaury Sports Organisation (ASO) qui prétend « organiser et développer des compétitions de qualité qui respectent les valeurs de l’éthique sport » mais dont l’objectif premier consiste à faire de l’argent sur le dos des coureurs cyclistes. Avec le Tour de France, nous avons un exemple grandeur nature de la manière dont le capitalisme a réussi à décérébrer les masses grâce au sport et aux loisirs débiles. Des heures durant, les téléspectateurs du Tour de France sont collés à leur poste de télévision pour regarder sans se lasser des hommes pédaler et pour écouter les commentaires infantiles des journalistes. Sur les lieux de passage des coureurs cyclistes, ce sont des foules en furie composées d’hommes et de femmes à moitié alcoolisées et à ventres dégoulinants, qui se déchaînement, qui hurlent, crient et applaudissent ceux qui contribuent grandement à leur dégénération mentale et intellectuels, les sportifs de compétition. Le Tour de France nous fournit un autre exemple, celui du « vol » du temps des loisirs des salariés par les capitalistes. Logiquement, les salariés devraient disposer comme bon leur semble de leur temps des loisirs. Or l’organisation du Tour de France coïncide avec les congés annuels de la plupart des salariés pour faire de l’audience pour faire de l’audience et pour ne pas laisser aux exploités du capital aucun moment de répit ou de récupération. C’est dire que dans un système capitaliste, le temps libre n’est pas vraiment du temps libre, car tout est fait pour ne laisser aucun loisir au salarié. Au même titre que la plus-value extorquée durant le procès de la production, le temps des loisirs est aussi un temps volé et un temps manipulé pour faire du profit. Le peu de temps « libre » laissé au salarié est aussitôt récupéré par les capitalistes avec l’aide des mass medias pour canaliser les activités dites de loisirs en permettant à des profiteurs comme c’est le cas d’Amaury Sports Organisation et de la société le Tour de France, à la fois de décérébrer la masse et de faire leur beurre. FAOUZI ELMIR ODILE DEVEAUX Mots-clés, Tour de France, argent, sport
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article