REUNION G8 EN ITALIE:L'IMPUISSANCE

Publié le par ELMIR

RÉUNION DU G8 EN ITALIE L’IMPUISSANCE FACE À LA MORT DU CAPITALISME La réunion des dirigeants du G8 à l’Aquila en Italie ressemble plus à une veillée funéraire qu’à un rassemblement de chefs d’États et de gouvernement décidés à relever les grands défis auxquels se trouve confronté le monde actuel. Le spectacle donné par la réunion du G8 est celui de l’impuissance des États capitaliste et leurs États croupions du tiers-monde face à l’agonie et à la mort imminente d’un système qui a dominé le monde depuis cinq siècles. Lors de cette réunion annuelle, on aurait pu s’attendre à ce que les participants accordent une large place à d’une question d’une brûlante actualité, la crise du mode de production capitaliste. Or, il n’en est rien, car les dirigeants du G8 ont parlé de tout, c’est-à-dire des choses accessoires, insignifiants ou hypothétiques comme le réchauffement climatique sauf de l’essentiel, la crise du système capitaliste. Comme si rien ne s’est passé depuis la crise de subprime aux Etats-Unis et la cascade de faillite de banques américaines et européennes qui s’ensuivit. Si les participants à la réunion du G8 n’ont pas abordé la question de la crise du capitalisme, c’est parce qu’ils n’ont plus rien à proposer pour sortir leurs pays du marasme dans lequel ils sont plongés depuis bientôt un an. La propagande politique dans les Etats capitalistes véhicule l’idée que la crise actuelle est une crise de plus qui vient s’ajouter aux autres crises qu’a connues le capitalisme tout au loin de son histoire. Or c’est que réside l’erreur des soi-disant experts, économistes et les politiciens, serviteurs du capital, car la crise actuelle ne ressemble à aucune des crises du passé et que le système capitaliste arrive aujourd’hui à la fin de son cycle naturel et qu’il est condamné à mourir de sa mort naturelle comme jadis la féodalité. CRISE DU CAPITALISME, CRISE DE LA REPRODUCTION SIMPLE Marx étudie chaque fois les crises au niveau de la reproduction simple, de ce que l’on appelle aujourd’hui la croissance zéro. L’étude du niveau de reproduction simple est un bon indicateur pour saisir le mécanisme et les lois de la crise générale et distinguer entre les diverses crises spécifiques : crise de production et de marché, crise industrielle et agricole, crises monétaires et commerciales, krach financier et boursier, crise partielle ou intermédiaire, crise générale, locale ou sectorielle. C’est quand le capital se reproduit lui-même, sans se grossir d’une masse nouvelle de profits, que l’on observe le plus clairement les lois de ses échanges, de ses métamorphoses et de ses phases successives. Le caractère mercantile de ce mode de production(échanges contre équivalents) avec l’anarchie de la production qui en résulte entraîne déséquilibres et déformations des différentes phases parcourues par le capital. Si la crise a son centre de gravité dans la production, ses effets les plus ravageurs se manifestent immanquablement dans la sphère de la circulation proprement dite, où le capital trouve ses pires limitations : distribution sur le marché, le commerce avec les banques, la bourse, etc. Autrement dit, la crise est le point où la production de plus-value entre en conflit avec le mode de distribution mercantile, où l’échange avec plus-value s’oppose à l’échange entre équivalents des marchandises sur le marché. Pour se fructifier, le capital doit subir dans sa course folle une série de métamorphose. Avec son capital, le capitaliste achète du travail salarié(capital variable) et des moyens de production(capital constant) : machines, bâtiments, moyens de transport etc. Du fait de la nature anarchique du mode de production capitaliste, des marchandises sont produites avant d’être vendues. Après la phase A-M, grâce à la publicité et au matraquage permanent, tout ou une partie des produits fabriqués est vendu sur le marché et le capitaliste doit transformer son capital-marchandises en argent sur le marché, c’est-à-dire, M-A. Le premier échange peut se réaliser avec plus ou moins de bonheur mais ce moment d’extase peut ne pas se répéter dans les phases successives, puisque la distribution et le marché obéissent à des lois spécifiques réglées par l’appropriation privée et la demande solvable. Une crise intervient quand le capital ne parvient pas à sauter l’un de ces obstacles(A-M, M-A). Il se dévalorise alors et pour, tout ou partie, est mis au rebut ou détruit. Le capitaliste aura transformé son argent en un produit dénué de toute valeur nouvelle, mais il aura perdu sa valeur primitive. La crise est le point où le taux de profit tombe à zéro au moment précis où la masse de capital(surproduction) est la plus gigantesque. La reproduction croissante se renverse en son contraire et de potentielles, les contradictions du capital deviennent cinétiques ou explosives. La surproduction ne cesse de croître avec l’essor des forces productives, parce que l’énorme masse produite se dévalorise de plus en plus : le travail-valeur incorporé à une même marchandise diminue à mesure que croît la productivité des ouvriers. La surproduction inhérente au capital créateur de plus-value est par définition liée à la pénurie et à la sous-consommation. Elle-même se change en pénurie en temps de crise. L’âge d’or des restaus du Cœur et de la pandémie de la misère dans les Etats capitalistes va de pair avec l’abondance des marchandises et des produits fabriqués qui sont jetés sur le marché sans trouver d’acquéreurs potentielles faute d’acheteurs et de pouvoir d’achat. Si l’humanité n’a pas encore été débarrassée de cette vermine qu’est le mode de production capitaliste, c’est parce que les conditions actuelles ne se prêtent pas encore à une révolution sociale qui entraînerait des bouleversements tant au niveau des rapports sociaux qu’au niveau des forces productives. Les forces sociales destinées à en finir avec le système capitaliste sont en gestation mais elles ne sont pas encore suffisamment mûres pour lui donner le coup de grâce final. C’est cette heure fatidique qu’ont voulu exorciser les participants à la réunion du G8 à l’Aquila en parlant seulement de la pluie et du beau temps et rien de plus. FAOUZI ELMIR Mots-clés : G8, crise, capitalisme, alternative

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