PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE ARTE, ELEMENTS POUR UNE CONTRE PROPAGANDE

Publié le par ELMIR

LA PROPGANDE ANTICOMMUNISTE DE LA CHAÎNE FRANCO-ALLEMANDE ARTE :

ÉLÉMENTS POUR UNE CONTRE PROPAGANDE

 

Depuis quelques semaines, pour célébrer le sinistre anniversaire de la chute du mur de Berlin, ARTE, la chaîne anticommuniste franco-allemande, diffuse tous les mardis, une série d’émissions sur les anciens États communistes. Disons le d’emblée, en regardant ces émissions sur les anciennes démocraties populaires, le téléspectateur n’aura rien à apprendre de nouveau par rapport aux poncifs habituels assénés par la propagande capitaliste: Staline, stalinisme, Goulag, des centaines de millions de morts, STASI, KGB, dictature, répression, totalitarisme etc. Ces schèmes et ces stéréotypes sont répétés et assénés mille fois par jour non seulement dans un seul pays mais ils font les choux gras de la propagande capitaliste mondiale. Si vous allez dans n’importe quel État en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique, au Moyen Orient, en Amérique latine, vous aurez le même discours stéréotypé sur le communisme avec les mêmes mots, les mêmes images, les mêmes manières de présenter les anciens États communistes. Ce qui change d’un pays à l’autre, c’est la langue dans laquelle sont traduits les mots Staline, Goulag, Stasi, terreur, millions de morts, stalinisme etc.  

 

C’est parce que la propagande est une forme sournoise de violence, il serait difficile de rester inerte ou indifférent à ce viol délibéré de notre être psychique. L’histoire du communisme soviétique qui a duré de 1917 à 1991 et l’histoire des démocraties populaires d’Europe de l’est qui a pris fin avec la chute du mur de Berlin le sinistre 9 novembre 1989 sont-elles réductibles à celles du Goulag,  de la Stasi, de la terreur, du totalitarisme, de la répression? Nous avons toutes les raisons de douter de cette légende noire tissée autour du socialisme et du communisme. Car si l’on examine attentivement l’histoire des États socialistes, on découvre bien d’autres choses que la légende noire montée de toutes pièces par la propagande capitaliste. Il a existé dans les anciens Etats socialistes des grandes réalisations économiques et scientifiques, une nouvelle organisation du travail et une nouvelle manière de produire et de repartir les richesses. Dans l’histoire du socialisme existant, des expériences originales avaient été mises en place et menées dans tous les domaines de la vie sociale. Si nous avons la curiosité de dresser une rétrospective des expériences socialistes, on se rend vite compte que la réalité est tout autre que celle que nous présentent la propagande capitaliste et les auteurs de la légende noire du stalinisme et du « livre noir du communisme ». D’abord, à ce jour, on ne peut pas écrire le soi-disant livre noir du communisme, car le communisme n’a jamais existé réellement. Comment pourrait-on écrire l’histoire de quelque chose qui n’a jamais existé ? Comment peut-on juger du succès ou de l’échec d’une expérience dont on ignore la nature, les propriétés et les caractéristiques? Le « livre noir du communisme » ne peut être qu’un tissu de mensonges, écrit par des bobards en mal de notoriété et mus par le seul appât du gain. Car pour écrire l’histoire ou le livre noir du communisme, il faut préalablement avoir vu et observé des phénomènes sur une plus ou moins longue durée. Or le communisme n’a jamais eu le temps de prendre son envol, terrassé par le dragon impérialiste. En revanche, le seul livre noir qui vaille la peine d’être écrit et qui mérite d’être lu de la première à la dernière page est celui du capitalisme. Car il y a tellement de choses à dire et à écrire sur l’histoire du capitalisme qui dure depuis cinq siècles. Alors qu’il y a très peu de choses à dire sur les éphémères expériences socialistes si ce n’est qu’elles ont été combattues et sabotées par les puissances impérialistes. Qu’avons-nous à dire d’expériences qui commençaient à peine à se mettre en place ? Les expériences socialistes ont-elles réellement échoué ou ont-elles été plutôt sabotées ? La chute du mur de Berlin sonne-t-il le glas du communisme et de l’échec des jeunes expériences socialistes ? Enfin, l’histoire des systèmes socialistes se réduit-elle à quelques poncifs que répète et martèle la propagande capitaliste, la terreur stalinienne, le Goulag, la Stasi, etc. ?

 

Rappelons pour mémoire les deux principes de base de toute propagande : la simplification des problèmes et la manipulation psychologique des masses. Le travail du propagandiste ne consiste ni à expliquer le pourquoi et le comment des choses ni à rechercher la vérité. Les problèmes de la propagande ne sont pas ceux du commun des mortels ; ils sont des faux et des pseudo problèmes alors que les vrais problèmes des hommes dans le monde capitaliste sont le chômage, la précarité, la misère et la pauvreté. C’est en partant de ces principes que l’on peut dire qu’ARTE, la chaîne franco allemande, fait de la propagande anticommuniste avec les redevances des contribuables comme les impôts qui servent à payer des flics, des militaires et des enseignants pour réprimer et pour endoctriner.

 

Le premier problème que l’on remarque dans la série d’émissions consacrées aux anciens régimes socialistes, c’est que les journalistes d’ARTE parlent de systèmes communistes. Or les anciens États du bloc de l’est se donnèrent des noms tels que républiques socialistes, républiques populaires ou républiques démocratiques: URSS, union des républiques soviétiques socialistes, RDA, république populaire Chine, République populaire de Pologne etc. Si aucun État socialiste ne s’appelait et ne s’appelle République communiste, c’est tout simplement parce que la construction d’une société communiste n’était pas et n’est pas à l’ordre du jour. Certes, ce sont les partis communistes qui occupaient le pouvoir dans les anciens États socialistes mais ils travaillaient d’abord et avant tout à la construction d’une société socialiste considérée comme condition et comme préalable à l’avènement d’une société communiste. Leur objectif immédiat n’était donc pas le communisme mais le socialisme. D’ailleurs, ce serait une pure utopie de considérer que parce que l’on aura réussi une révolution prolétarienne la veille que l’on se réveillera le lendemain dans une société communiste. Une société communiste ne tombera pas du ciel du jour au lendemain et pour qu’elle le soit réellement, il faudra attendre peut-être un ou deux siècles le temps que les structures d’une société socialiste soient établies et consolidées définitivement. Autrement dit, La société communiste n’est pas le début mais le terme et la fin d’un long processus qui commence avec la société socialiste. La propagande capitaliste a martelé l’idée qu’avec la chute du mur de Berlin, c’est la fin du communisme. Or, la chute du mur de Berlin n’est nullement la preuve de l’échec du socialisme et encore moins du communisme, elle a malheureusement mis fin à des expériences socialistes qui étaient en cours dans un certain nombre de pays d’Europe de l’Est et dans l’Union soviétique. L’idée de la fin du communisme après la chute du mur de Berlin est mensongère, car la dislocation des États socialistes n’était pas due à l’échec du système socialiste mais à un plan impérialiste délibéré visant à endiguer et à abattre les régimes socialistes conformément à la doctrine Truman de l’endiguement ou du containement qui avait déclaré une guerre larvée et sans merci contre le communisme international. Le démantèlement de la fédération yougoslave était-il dû à l’échec de l’expérience de l’autogestion ou à un complot ourdi par les puissances impérialistes et de l’OTAN ?

 

ARRIÈRE-PLAN PSYCHIQUE ET IDÉOLOGIQUE DE LA PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE

 

On sait que le cheval de bataille de la propagande anticommuniste est la liberté d’expression qui était violée et bafouée dans les régimes socialistes. Pour apparaître crédibles, les propagandistes anticommunistes ont commencé par chercher des alibis, des « faits », et ils ont trouvé des écrivains besogneux en mal de notoriété et mus par le seul appât du gain, présentés comme des dissidents, des libres penseurs, et des « opprimés » par l’horrible « dictature communiste ». Les Soljenitsyne et Co étaient recrutés à coup de millions de dollars, « arrangés » pour le spectacle public, exhibés partout(radio, télévision, presse, conférences, prix Nobel etc) et instrumentalisés pour faire de la figuration dans la propagande anticommuniste. Après des mois et des années de matraquage et de martelage médiatiques sur la dissidence, la terreur stalinienne et l’oppression communiste, la mayonnaise a pris et des réflexes conditionnés se sont formés dans les masses qui finissent par identifier, grâce au mécanisme de l’association des idées, communisme, stalinisme, Goulag. On ne peut pas reprocher à la propagande anticommuniste d’avoir réussi à berner les masses et à manipuler psychologiquement ses victimes pour en faire des anticommunistes primaires, car c’est son travail de fabriquer une opinion publique hostile au communisme.

 

Nous commettrions cependant une erreur fatale si nous attribuions au seul travail du propagandiste les raisons du succès de la propagande anticommuniste et de la propagation de l’anticommunisme dans les sociétés capitalistes. Une propagande ne peut pas à elle seule prospérer sans la préexistence des stéréotypes et des leviers psychiques enfoncés à coup de marteau dans le psychisme des individus depuis leur enfance. Pour réussir ses actions, la propagande anticommuniste s’appuie sur un anticommunisme latent que font naître et nourrissent l’école et les institutions éducatives dans les sociétés capitalistes. Les enfants, devenus adultes, sont déjà imprégnés par l’anticommunisme. Grâce aux mass media, la flamme de l’anticommunisme est sans cesse entretenue et retravaillée pour aider les propagandistes anticommunistes à atteindre leurs buts psychologiques. C’est la préexistence de cet anticommunisme latent qui conditionne la réussite de toute propagande anticommuniste.  

 

Mais la question récurrente qui se pose est la suivante: pourquoi cette haine viscérale du communisme dans les sociétés capitalistes? Voila l’explication. Pour produire les objets et transformer la matière inerte, les hommes utilisent des instruments de production. Dans le processus de production, les hommes entretiennent des rapports entre eux, c’est ce que l’on appelle les rapports de production. L’état des rapports de production est déterminé par la forme de propriété des moyens de production. La forme du système de propriété sur les moyens de production est le fondement des rapports de production. Chaque forme de propriété détermine la position qu’occupent les hommes au sein de la production et les rapports de qu’ils entretiennent entre eux. La forme du système de propriété détermine par voie de conséquence la répartition des produits. L’élément décisif, fondamental, c’est la forme de du système de propriété des moyens de production car il détermine la nature même des rapports de production. Dans le mode de production capitaliste, les rapports sociaux sont fondés sur la propriété privée des moyens de production qui conditionne à son tour l’exploitation de l’homme par l’homme. À cause du régime de la propriété privée des moyens de production, des hommes peuvent exploiter et dominer d’autres hommes, c’est-à-dire ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre moyennant salaire. Les groupes et les classes qui contrôlent les moyens de production contrôlent les autres classes ainsi que tous les rouages de la société. Les possédants peuvent disposer de la force de travail des démunis. Ils ne travaillent pas eux-mêmes mais jouissent du fruit du travail  d’autrui. L’appropriation privée des moyens de production détermine l’inégalité de classes et conditionne l’exploitation économique, c’est-à-dire le pouvoir d’extraire de la plus-value. Le maintien de l’inégalité économique implique la domination politique. Les hommes politiques ne sont que les techniciens de surface et les employés chargés du service d’entretien du grand Capital.

 

Dans les sociétés capitalistes, il y a donc Pouvoir et pouvoir. La propagande politique cherche à accréditer l’idée de pouvoirs dilués ou de pouvoirs partagés, de pouvoir politique indépendant et séparé du pouvoir économique. C’est le travail du propagandiste d’entretenir en permanence cette confusion mais la réalité est tout autre. Le seul pouvoir qui domine est celui de la Propriété. Car la Propriété se donne rarement à voir, elle décide et détermine seulement quel pouvoir pourra s’exercer, au profit de qui et pour quoi faire. Celui qui a suivi ce développement sur la propriété privée des moyens de production comprendra aisément pourquoi un système socialiste et collectiviste devient la hantise et le cauchemar de ceux qui détiennent les moyens de production pour exploiter les travailleurs. L’objectif de la propagande anticommuniste vise à manipuler le psychisme des classes exploitées pour les empêcher de se révolter contre leurs exploiteurs, les détenteurs des moyens de production.

 

FABRICATION DE LA LÉGENDE NOIRE DU STALINISME PAR LA PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE

 

L’histoire de la légende noire du stalinisme commence avec le rapport Khrouchtchev qui révèle au monde occidental les « crimes » de Staline. Voyons de plus près comment la légende noire du stalinisme se construit et se développe. Le point de départ de la légende noire du stalinisme est un discours de Nikita Khrouchtchev prononcée devant 1600 délégués du XXème congrès du parti communiste soviétique, tenu au Kremlin du 14 au 25 février 1956. Dans ce discours, Khrouchtchev dépeint Staline comme un aventurier, sanguinaire , cruel, stupide. À propos de ce discours de Khrouchtchev, on peut faire deux remarques. D’abord, ce discours de Khrounitchev a été prononcé au Kremlin devant les délégués du XXe Congrès du Parti communiste soviétique. La presse internationale capitaliste n’étant pas présente sur place, comment un journaliste peut-il être sûr que Khrouchtchev avait bel et bien prononcé de tels mots et à partir de là comment peut-il diffuser une information sans vérifier ses sources et sans violer ses règles de déontologie professionnelle ? La deuxième remarque concerne les conditions politiques du discours de Khrouchtchev. Le fait que le nouveau dirigeant épingle et pourfend la gestion de son prédécesseur n’a rien d’extraordinaire puisque la critique d’un prédécesseur dans n’importe quel régime politique s’inscrit dans la logique des choses. Le nouveau et futur dirigeant veut se donner une autre image et se montrer meilleur et plus performant que son prédécesseur. Cette stratégie politique n’est pas propre à l’Union soiviétique, elle fait partie des règles du jeu dans toute alternance soit dans les pays capitalistes soit dans les États communistes. D’ailleurs, les critiques de Khrounitchev de l’ère stalinienne ne datent pas du discours de Khrounitchev de 1956 mais du 12 septembre 1953, c’est-à-dire quelques mois seulement après la mort de Staline le 6 mars 1953 quand il a reconnu, avec d’autres comme Malenkov et Mikoyan, les insuffisances de la production de biens de consommation, du secteur agricole et du système de distribution commerciale et promettent des réformes pour y remédier. Quoi de plus normal de relever des carences dans le secteur agricole ou dans le circuit de distribution commerciale. Le discours de Khrouchtchev de 1956 fait partie de la stratégie politique et de communication de tout homme politique appelé à exercer le pouvoir. Quand Khrouchtchev critique les carences de Staline dans le secteur agricole, cet homme était de mauvaise foi car il oublie que c’est sous Staline que l’Union soviétique s’est bâtie comme une puissance économique et militaire. C’est sous Staline que la production agricole a été la plus forte et cela malgré toutes les difficultés liées à la guerre civile et à la mise en place des réformes agraires.

 

Quand Khrouchtchev dépeint Staline comme un sanguinaire, il ne fait qu’affirmer et alléguer, car il n’apporte aucune preuve matérielle sur ce qu’il dit. La légende noire du stalinisme a été construite autour de ces hypothétiques mots prononcés par Khrouchtchev. C’est de ces quelques éléments allégués et nullement confirmés, connus aussi sous le nom de rapport secret de Khrouchtchev », que la propagande anticommuniste s’empare pour faire ses choux gras et pour échafauder des schémas et des stéréotypes répétés et assénés devenus au fil des décennies, ce que l’on appelle le stalinisme dont le terme suggère la terreur, la violence et le Goulag. Voyons comment la propagande déforme les faits et devient un tissu de mensonges. Le 27 mars 1957, c’est-à-dire moins d’un mois après la mort de Staline, une amnistie a été décrétée permettant la libération des détenus condamnés à moins de cinq ans de prison. Pour la propagande anticommuniste, les détenus libérés étaient victimes de la nature totalitaire du stalinisme. Alors que les détenus libérés à l’occasion de la fête nationale en France le 14 juillet de chaque année sont des détenus de droit commun. Pour la propagande anticommuniste, les prisons soviétiques sont des camps de concentration et les prisons dans les pays capitalistes des hôtels quatre étoiles.

 

GENÈSE DE LA LÉGENDE NOIRE DU STALINISME :

L’ANTI-BOLCHÉVISME

 

Staline ou pas, la propagande anticommuniste se devait de fabriquer coûte que coûte un dictateur communiste. Si Staline n’avait pas existé, la propagande anticommuniste l’aurait inventé. Quoiqu’il fît, Staline ou tout autre dirigeant communiste était condamné d’avance à devenir cet « horrible dictateur », un sanguinaire, un dictateur etc. Pour la propagande anticommuniste, les dictateurs sanguinaires sont exclusivement des communistes, hier Staline, Ceausescu, Milosevic, et aujourd’hui, Castro, Kim Il Sung et Alexandre Loukachenko qualifié par Bush et l’Union européenne de « dernier dictateur » d’Europe. Un dictateur communiste, c’est généralement quelqu’un qui est « mal élevé » (lire n’obéissant pas à l’œil et au doigt au diktat des États impérialistes) Alors quid de la dictature du capital et celle de ses fidèles serviteurs, les hommes politiques et l’intelligentsia, des Adolphe Thiers, des Franco, des Pinochet, des Bush et de tous les dictateurs, arabes, africains et latino-américaines ?

 

La propagande anticommuniste nous rebat aujourd’hui les oreilles avec Staline, le Goulag, la Stasi etc. mais nous avons oublié qu’avant la légende noire du stalinisme, il a existé un anti-bolchevisme virulent et la Révolution Bolchevique de 1917 avait été férocement combattue dès les premiers jours et par la bourgeoisie et par les partis socialistes et même par des éminents marxistes comme Kautsky, Bernstein et « l’école marxiste austro-hongrois ». Il suffit de consulter la presse capitaliste de l’époque pour se rendre compte combien la Révolution Bolchevique avait focalisé toutes les rancoeurs et toutes les hostilités des forces politiques réactionnaires et conservatrices. En 1917, bien rares étaient les partisans de la révolution bolchevique dans les États capitalistes. Les syndicats et les partis politiques prétendant défendre les intérêts du mouvement ouvrier se montraient circonspects envers la révolution bolchevique de 1917. Dès les premiers jours de la révolution bolchevique, la classe capitaliste et ses affidés se mirent à comploter pour empêcher son exportation et la propagation du marxisme léninisme. Les réfugiés russes en France publièrent des brochures fiancées par l’Etat français qui menait à son tour sa propre propagande contre la révolution bolchevique.

 

L’anti-bolchevisme en France se manifesta très tôt par cette affiche réalisée à l’initiative de « l’Union des  intérêts économiques », une organisation patronale, et tirée à des millions d’exemplaires représentant un moujik hirsute et mal rasé tenant dans un rictus effrayant un couteau entre les dents d’où dégoulinaient des gouttes de sang. Les Bolcheviques étaient présentés comme une « création boche », un « horrible rassemblement d’assassins » et une « organisation d’une incessante terreur », « Lénine et Trotsky, celui-ci pur boche d’origine, mais tous deux petit-fils de Karl Marx par le cerveau comme notre Longuet l’est par le sang » etc. Parmi les plus virulents détracteurs de la Révolution bolchevique, J.W. Bientstock, traducteur de Dostoïevski et Jean Binet Valmer, un médecin, journaliste et romancier suisse naturalisé français qui fut un des orateurs de l’Action française.

 

Les hommes de gauche n’étaient pas en reste puisqu’ils menèrent une propagande anti-bolchévique en publiant dans la presse des articles et des brochures. Citons parmi les socialistes,l’ancien ministre Albert Thomas, le professeur de sociologie, Célestin Bouglé, qui avait été récompensé par le poste de directeur de l’Ecole normale supérieure, Charles Dumas, ancien député socialiste de l’Allier de 1910 à 1914, Maurice Bokanowski séputé radical de la Seine depuis 1914, Pierre Georges La Chesnais spécialistes des questions électorales et des questions russes, et l’un des fondateurs de l’année ancêtre de l’Année politique.

 

Karl Kautsky, le leader de la II Internationale, fut d’abord le maître à penser des bolcheviques avant de devenir leur adversaire et le renégat et le révisionniste avec Edouard Bernstein. Au lieu de la Révolution, Karl Kautsky préconisait une démocratie bourgeoise à contenu social, nationalisation de la grande industrie, de transports, des mines. Face à l’expérience révolutionnaire des bolcheviques, les marxistes austro-hongrois comme Otto Bauer et Max Adler, Karl Renner, Rudolf Hilferding, s’opposèrent aux méthodes radicales et à la dictature du prolétariat. Ils proposèrent à la place de la révolution bolchevique une social démocratie et une troisième voie entre révolution et capitalisme. Les idées des marxistes austro-hongrois furent adoptées par les socialistes français et Léon Blum exposées dans La Bataille socialiste et la Vie socialiste.

 

Dès les premiers mois de la révolution bolchevique, l’opposition et les forces réactionnaires étaient à pied d’œuvre pour comploter et saboter les processus révolutionnaires en cours. À peine la guerre impérialiste terminée, la guerre civile éclata avec la formation des premiers volontaires de l’Armée Blanche conduite par le général Denikine. Les foyers de la guerre civile s’allumèrent partout, au nord avec la contre-révolution finlandaise, qui menaça Petrograd ; sur la Basse Volga avec les Cosaques dirigés par Krasnov qui menaça Tsarityne ; dans le Kouban, Denikine organisa ses premiers volontaires. Dès les premiers mois de la Révolution, les bolcheviques se trouvèrent confrontés à trois grandes Armées Blanches, Koltchak à l’Est, Denikine au sud et Ioudenitch au Nord. Ces forces réactionnaires soutenues partaient de la périphérie avec pour objectif Moscou et la prise en étau des troupes bolcheviques mal aguerries.

 

A SUIVRE …

 

 

FAOUZI ELMIR

ODILE DEVEAUX

 

MOTS-CLES, propagande, stalinisme, terreur, violence révolutionnaire, anticommunisme, ARTE, Contre-propagande

 

Publié dans PROPAGANDE

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