LA BOURSE: METEO DU GRAND CAPITAL

Publié le par ELMIR

LA BOURSE : MÉTÉO DU GRAND CAPITAL

Les Chefs d’État et de gouvernement des États capitalistes s’agitent et ruent dans les brancards pour réanimer leur système moribond. Ils multiplient réunion après réunion et ils ne ménagent pas leurs efforts pour sauver les institutions financières à coup de milliards d’euros et de dollars. Alors qu’en même temps la pauvreté et la misère engendrées par un quart de siècle de capitalisme sauvage ne cessent de s’étendre et touchent actuellement selon des statistiques officieuses plus de 100 millions d’européens vivant avec moins de 800 euros par mois et 85 millions d’américains dont 25 millions jetés dans la rue suite à l’expropriation de leurs maisons et sans parler bien entendu du reste du monde. À l’intention des spoliés du système capitaliste et les laissés pour compte, les gouvernements leur dissent qu’il n’y a pas d’argent et que les caisses de l’État (Fillon en France parle de faillite) sont toujours vides. On se souvient comment les gouvernements de droite et de gauche en Europe se sont activement employés depuis les années quatre-vingts et quatre-vingts dix du siècle dernier à démanteler le régime des retraites et les régimes spéciaux des cheminots présentés devant l’opinion publique comme des nantis et des privilégiés. À travers cette crise, les Etats capitalistes et leurs serviteurs, classe politique et intelligentsia asservie et Cie, se sont mis à nu et se dévoilent non pas comme ils disent au service de l’intérêt général mais au service des monopoles et des intérêts économiques de la bourgeoisie et de la classe capitaliste. On a du mal à croire, après les milliards promis et dépensés ces dernières semaines pour venir à des capitalistes en faillite, que les États sont là pour servir l’intérêt général à moins d’identifier, comme c’est le cas avec les fameux »partenaires sociaux », l’intérêt du milliardaire et celui du clochard qui fait de la quête sur la voie publique. 

Les plans de sauvetage des banques et les milliards sont là, nous dit-on, pour redonner confiance aux bourses et aux marchés financiers pour que les banquiers recommencent à se prêter entre eux et que les banques prêtent à son tour aux entreprises et aux particuliers. Ce matin, nos capitalistes et leurs serviteurs politiciens ont larges sourires et ils sont contents parce que les bourses ont bien réagi à leurs plans et elles s’ouvrent et se clôturent en hausse(à lire cet optimisme sur les visages des lecteurs des prompteurs). Ils nous promettent que la bourse sera euphorique demain, après demain, dans un mois, dans un an. Mais la question qui se pose immédiatement est la suivante : à quoi sert au fait une bourse? À rien sinon pour nous donner la météo du grand capital. Content pas content. On achète et on vend du vent et du papier. Tout cela pour le seul plaisir de notre capitaliste. Bon, parce que le grand capitaliste est content, forcément l’ensemble de la société devrait mourir de bonheur et de bien-être. Mais le système capitaliste n’est pas que de la bourse ; il y a l’économie réelle, le commerce, l’industrie et tout ce s’en suit. Le système capitaliste est appelé aussi mode de production capitaliste du fait qu’il est composé de multiples d’éléments enchevêtrés les uns dans les autres et qui sont en interaction permanente. Mais le système capitaliste possède un centre de gravité qui décide de l’équilibre de l’ensemble, l’exploitation du travail qui est la source de la valeur incorporée dans la marchandise vendue et échangée sur le marché moyennant de l’argent. On aura remarqué que l’argent arrive à la fin et non pas au début du cycle. La preuve que c’est le travail humain qui constitue le cœur du système capitaliste et non pas l’argent ou la finance, c’est la recherche effrénée de nouveaux pays où la main d’œuvre est moins chère. Si la monnaie était si déterminante dans la marche et la fonctionnement du système capitaliste, les capitalistes des pays occidentaux se seraient jamais allés colonisés l’Afrique pour piller ses richesses minérales et végétales et continuent à la faire aujourd’hui. Logiquement, ils seraient allés aux principales places financières et boursières de la planète : Londres, New York, Francfort, Paris Rome, Bruxelles. Après la bourse, une deuxième question surgit : d’où vient l’argent ? De rien. N’importe quelle banque peut le créer comme bon lui semble en piochant dans les comptes de ses clients et en vendant son argent à l’emprunteur. Avec son crédit, ou de la monnaie-crédit, celui-ci va acheter de la force du travail, rappelons-le qui est la seule source de la valeur et donc du prix de la marchandise et des fournitures pour fabriquer des produits destinés à la vente. S’il réussit à les vendre, il aura récupéré sa mise initiale et son profit. Car, réussir à vendre un produit relève de la gageure et ce n’est pas une opération si évident que cela paraisse à première vue, car la vente dépend essentiellement de celui qui a l’argent pour l’acheter. Et c’est là que se trouve le problème central du système capitaliste, celui de transformer une marchandise en argent et non pas le contraire. Matraqué à longueur de la journée par les spots publicitaires, celui n’a pas d’argent achète à crédit. Mais pour le capitalisme qui n’arrive à mettre en valeur son capital, c’est-à-dire extorquer la plus-value générée par la force du travail, il va spéculer. C’est là que réside le sens de la spéculation financière qui n’est en réalité qu’un stratagème, une astuce de notre capitaliste en mal de plus-value directe générée par la vente de la marchandise contre de l’argent) pour contourner ce cycle infernal qu’est la vente de la marchandise et sa transformation en monnaie.(j’ai vendu ma marchandise, j’ai maintenant entre les mains son équivalent monétaire). Mais s’arrêter là n’a aucun intérêt pour le capitaliste, car au bout d’un moment le profit généré par la vente de la marchandise va être dépensé et englouti et il disparaîtra à jamais dans la nature. Le problème dans un système capitaliste, ce n’est pas vraiment la monnaie qui peut être créée à volonté par le banquier mais la demande solvable, c’est-à-dire le pouvoir d’achat des consommateurs qui, en achetant et en consommant, aideront le capitaliste, comme le bon Dieu aidera ceux qui veuillent bien s’aider eux-mêmes, à vendre sa déchetterie, à relancer le cycle argent-marchandise-argent en convertissant ses marchandises en argent et en récupérant au passage le profit généré qu’il aura à partager avec son banquier le cas échéant. Mais dans l’état actuel des choses, après 25 ans de capitalisme sauvage où le rapport profit/salaire s’est inversé et il est aujourd’hui largement en faveur du capital, il n’y a plus rien à espérer d’un système de production et de consommation qui a toujours placé les intérêts d’une poignée de capitalistes et d’exploiteurs au-dessus de celui de l’humanité tout entière. Celle-ci aura tout intérêt à en découdre rapidement, une fois pour toutes pour que les hommes soient les maîtres de leurs propres richesses et qu’ils cessent d’être des marchandises qui se vendent et qui s’achètent sur ce fameux « marché du travail » 

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Bourse, crise, capitalisme.

Publié dans ECONOMIE

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