ECONOMIE MONDIALE

Publié le par ELMIR

 

ÉCONOMIE MONDIALE:

BILAN ET PERSPECTIVES

« Au moment où nous terminons cet article, la bourse de Paris et Wall street ont connu un vendredi noir. La baisse de la bourse de Paris intervient après la publication par le Journal le Monde d’une information sur les pertes du Crédit Agricole de plus de 4 milliards d’euros et celle de Wall street après la dégringolade des actions de Fannie Mae et de Freddie Mac, les géants du crédit hypothécaire aux Etats-unis. Ces deux événements viennent d’étayer le point de vue que nous soutenons dans cet article» 

 

 

Le sommet du G8 qui groupe les grands pays industrialisés (Etats-Unis, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie, le Japon et la Russie) s’achève à Toyako au Japon. Dans son communiqué final, si le G 8 constate un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale, il se dit optimiste quant aux solutions à apporter à la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires et à l’inflation. Le G 8 s’engage par ailleurs à assurer la stabilité du marché financier et la lutte contre le protectionnisme. C’est l’occasion pour nous de dresser un bilan de l’état actuel de l’économie mondiale et de ses perspectives.

 

ÉCONOMIE MONDIALE EN CRISE

 

La chute de l’Union soviétique et l’intégration de nouvelles économies, notamment celles de Chine, d’Inde et près de deux milliards de personnes, ont puissamment stimulé le commerce mondial depuis la fin des années quatre-vingt du XXe siècle. Au cours de ces cinq dernières années, l’économie mondiale s’est accrue au rythme moyen de près de 5% par an contre 2,8% pour les pays capitalistes du Nord. Cette croissance actuelle de 5% de l’économie mondiale est comparable à celle de la période d’après-guerre de 1948 à 1973. Cette croissance est dopée par les économies dites émergentes qui dopent l’économie mondiale avec un taux moyen de croissance annuel 7,8% dû essentiellement à la croissance chinoise de 11% et indienne de 9%. Mais l’économie mondiale se trouve aujourd’hui confrontée aujourd’hui comme à la fin des années 1970 et début 1980, à une hausse du taux de l’inflation et à un ralentissement économique; ce phénomène étant connu sous le nom de stagflation. A cela s’ajoute à la fin de l’année dernière et début de cette année, l’instabilité des marchés financiers et boursiers.

 

Les symptômes de cette crise apparaissent sur les marchés monétaires asiatiques en 1997 dont le contrecoup est l’effondrement de l’économie argentine en 2001. Mais l’événement marquant de ces cinq dernières années est la crise des subprimes aux Etats-Unis durant l’été 2007 qui révèle si besoin est l’état réel de l’économie américaine qui ne doit sa survie qu’à deux choses: le crédit et le pillage impérialiste. La chute des prix de l’immobilier aux Etats-Unis considéré comme l’un des principaux moteurs de la croissance américaine, aura des conséquences sur les autres secteurs de l’industrie comme l’acier et le béton. Aux Etats-Unis, plus d’un million de logements ont été perdus par leur propriétaire. Des millions d’autres luttent pour payer leur crédit immobilier alors que leur maison ne vaut plus le prix qu’ils ont payé. En moyenne, le travailleur américain produit 30% de plus qu’il y a 10 ans. Et pourtant les salaires stagnent depuis six ans. L’inflation signifie une baisse de salaires réels. Quand en 2000, Bush commence son premier mandat, l’or était à 273 dollars l’once, le pétrole à 22 dollars le baril et l’euro à 0,87 dollars. Aujourd’hui en 2008, l’or est à 700 dollars, le pétrole à plus de 147 dollars et l’euro à plus de 1,5 dollars. Les récentes baisses des taux d’intérêt ne font que stimuler l’inflation et aggraver un peu plus la récession. Ces dernières années, l’inflation était relativement stable du fait de la croissance du marché mondial et surtout la surexploitation des millions de travailleurs mal payés en Chine, en Inde et dans les pays émergents qui ont exercé une pression à la baisse sur les prix et sur les salaires. Tout cela va finir par se payer par une crise de surproduction globale aggravée par l’assèchement du crédit et l’effondrement des marchés boursiers et immobiliers.

 

Ce qui a sauvé une fois de plus l’économie capitaliste de l’effondrement depuis les années 1970, ce sont l’ouverture et l’extension du marché mondial notamment par l’intégration de la Chine et de l’inde. L’arrivée sur le marché mondial de pays à bas salaire a ainsi créé une pression sur les salaires dans les pays capitalistes du centre et a limité les revendications salariales. Pendant ce temps, les profits ont connu leur âge d’or. La faiblesse relative des réserves financières des consommateurs pousse alors les détenteurs des capitaux à s’orienter vers les produits alimentaires, car les hommes, quoi qu’il arrive, ont besoin de manger et de boire. Il en est de même du pétrole. La flambée éventuelle des prix du pétrole à 147 dollars le baril et l’augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires jusqu’à 80% depuis 2005 sont les effets d’une crise économique profonde où les investisseurs capitalistes se rabattent sur des produits de première nécessité considérés comme des valeurs-refuges. Ce qui est nouveau, c’est que le prix du pétrole augmenté aujourd’hui alors qu’il chutait lors des précédentes récessions,, ce qui aura pour effet de contracter un peu plus la demande aux Etats-Unis et en Europe.

 

L’économie capitaliste actuelle est devenue une économie parasitaire, financiarisée et spéculative. Quand on parle de croissance économique, c’est plutôt de croissance boursière dont il s’agit, car elle n’a pas été générée par une augmentation de l’activité productive industrielle mais par l’injection de capitaux fictifs dans le circuit économique. Pour prendre un exemple de croissance spéculative,, la capitalisation des actifs américains est passée de 5 300 milliards de dollars en 1994, à 17 700 milliards en 1999 puis à 35 000 milliards en 2006. Cette valorisation est due à la valorisation des actifs dans les principales bourses mondiales et non pas à la progression de l’activité industrielle proprement dite. Il faut rappeler que dans sa jeunesse, l’économie capitaliste a contribué à créer d’énormes richesses et à développer les forces productives mais dans l’état actuel, elle a changé de rôle. Aujourd’hui on entré dans l’ère du capitalisme sénile réglé et dominé par la financiarisation de l’économie.

 

Ce caractère parasitaire de l’économie mondiale apparaît à travers l’activité bancaire. L’activité dominante des banques en général et des banques américaines se réduit souvent à la vente et à l’achat des dettes. Les banques prêtent de l’argent à des clients insolvables et elles vendent leurs dettes à d’autres banques. L’affaire de Bear Stearns montre comment l’un de ses fonds spéculatifs a fait faillite et l’autre a été renfloué par un groupe bancaire. Les capitalistes réalisent ainsi leur vieux rêve, faire de l’argent avec de l’argent sans produire et sans toucher à la matière. Le dernier scandale en date, celui de la banque française, la Société Générale, rappelle à quel point l’économie capitaliste actuelle est devenue une économie d’escrocs, d’astucieux, de débrouillards qui n’ont pour finalité que de faire rapidement de l’argent. La conséquence de l’émergence de ce capitalisme financiarisé et spéculatif, c’est le déclin irréversible de l’industrie et une croissance exponentielle des secteurs parasitaires. Les « fonds d’investissement » investissent plus dans les secteurs tertiaires et de services que dans le secteur industriel. On se retrouve ainsi à des années-lumière des élucubrations des économistes classiques et des néoclassiques qui font de la satisfaction des besoins de l’homme, l’objet et le but de la production capitaliste.

 

Si la croissance de l’économie mondiale de ces dernières années a indéniablement profité à une poignée de capitalistes, elle a en revanche exercé une énorme pression sur le monde du travail obligé de se priver de sa part dans la répartition des richesses qu’il a produites au nom de la compétitivité et de la rentabilité. De la prospérité de l’économie mondiale, on pouvait s’attendre à une croissance de la production, de l’emploi, des profits, des salaires et des prix. Or, ce sont les effets inverses qui se sont produits: stagnation des salaires, profits jamais inégalés. Les dernières dispositions de l’Europe relatives à l’allongement du temps de travail à 65 heures par semaine témoignent de la cruauté et de l’inhumanité du mode de production capitaliste qui, après avoir développé les techniques pour soulager le travail humain et augmenté la productivité, oblige les hommes à encore plus travailler et à produire de plus en plus sans aucun espoir d’un retour sur investissement. Depuis que l’on nous parle de croissance économique et de bienfaits de la mondialisation ou de la mondialisation, les inégalités sociales n’ont jamais été aussi criantes et elles ont même atteint depuis une vingtaine d’années des niveaux jamais inégalés jusqu’ici. Selon une étude des Nations unies, le 2% des personnes les plus riches au monde possèdent plus que la moitié de tous les ménages et la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne possède que 1% de la richesse globale. Toujours, selon l’Onu, il y a aujourd’hui 1,8 milliard de personnes vivant dans la pauvreté dont huit millions meurent chaque année par manque d’argent. Des millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition et de maladies comme les diarrhées et le manque d’eau potable. Le fait que de plus en plus de pays surtout en Amérique latine optent pour un autre système politique qui redistribuera autrement et équitablement les richesses produites par les hommes, cela montre qu’une alternative au mode de production capitaliste existe réellement et qu’un autre monde non capitaliste est toujours possible.  Cette accumulation de richesses sur un pôle et la paupérisation relative et absolue sur l’autre, Marx l’avait prévue il y a cent cinquante ans. Et pourtant, les idéologues attitrés de la classe capitaliste veulent nous persuader sous prétexte des réformes et de modernité que les inégalités sociales et l’accaparement des richesses par une bande d’exploiteurs sont des choses naturelles et qu’il n’existe aucune alternative possible au système d’exploitation actuel qu’ils tentent de justifier au nom de l’archéo-libéralisme.

 

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

 

Après des années de faible inflation et de crédits faciles, on entre désormais dans l’ère de l’assèchement du crédit et des hausses de taux d’intérêt, ce qui contractera encore un peu plus la demande intérieure et réduira le pouvoir d’achat des ménages aux Etats-Unis et en Europe. Une chute des profits dans le secteur bancaire, provoquera des suppressions d’emploi ce qui affectera par l’augmentation du chômage. La crise du secteur immobilier se traduira par une série de faillites dans l’industrie de la construction. Ainsi des secteurs de l’acier, du ciment et des briques seront-ils durement frappés. L’augmentation du prix du pétrole déprimera encore un peu plus le pouvoir d’achat des ménages et entraînera irréversiblement la contraction de la demande intérieure.

 

Une baisse des taux d’intérêt entraînera une augmentation de l’inflation et le soutien apporté par les banques centrales des pays asiatiques pour arrêter la chute du dollar ne suffira pas à renverser la tendance actuelle qui est à la récession aggravée par une économie américaine moribonde et épuisée financièrement par les deux guerres d’Irak et d’Afghanistan et par un déficit budgétaire record. Les États-unis sont obligés de lever plus de 70 milliards de dollars par mois pour couvrir un déficit courant de quelque 800 milliards de dollars par an. Au dernier trimestre de 2007, l’économie américaine a certes crû de 3,9% en rythme annuel mais tout indique que cela ne va pas durer et que le chômage va augmenter. Si c’était un pays du tiers-monde qui affiche de tels résultats catastrophiques en matière de déficit budgétaire, la Banque mondiale et le FMI auraient immédiatement sommé le gouvernement de mettre en place un plan d’austérité. Mais comme ces deux institutions sont les propres créatures de l’impérialisme américain et une arme redoutable utilisée par les États capitalistes pour rendre dépendantes les économies des États du Sud, il serait mal venu de demander à un super État comme les Etats-Unis la même chose que ce qu’elles demandent habituellement aux autres États. Nous sommes là dans la politique des deux poids et deux mesures.

 

Face à la récession américaine, les économistes bourgeois placent leurs espoirs dans les économies émergentes attendues comme le messie. Ils ont tort. La croissance annuelle moyenne de l’économie asiatique se situe autour de 7% et elle a contribué en 2007 à 50% de la croissance mondiale. Soit trois fois plus que la croissance des Etats-Unis. Mais ces « économies émergentes » sont fortement dépendantes des exportations et de la croissance du marché mondial plus particulièrement des marchés où se trouvent des consommateurs solvables, c’est-à-dire les marchés américain et européen, là où ils peuvent couler une grosse quantité de leurs exportations. Or en cas de récession américaine et européenne, ces économies émergentes vont être frappées à leur tour par les effets de cette crise. On voit déjà les signes avant-coureurs des conséquences de la récession américaine sur les économies asiatiques quand depuis 2000, les importations des Etats-Unis ont décliné passant de 19 à 14%. La croissance des économies émergentes n’étant pas capable à elles seules de compenser ce ralentissement américain. Les Etats-Unis n’absorbent aujourd’hui que 23% des exportations japonaises contre 40% dans les années 1980, mais l’économie japonaise reste elle-même dépendante de l’économie américaine. Les entreprises japonaises envoient beaucoup de leurs composants en Chine avant d’être exportés vers les Etats-Unis.

 

Une récession américaine aura d’autres répercussions sur les économies émergentes, car la faiblesse du dollar pénaliserait du coup les pays exportateurs de l’Asie et surtout la demande intérieure à cause du très important déficit budgétaire comme le montre le déficit public japonais. Un ralentissement de la croissance américaine ne frappera pas seulement les économies de la Chine, de l’inde et du Japon mais aussi celles de Singapour, Taiwan, Hong Kong. le Krach de 1997 a montré que toute l’Asie était connectée à l’économie américaine et à l’économie mondiale. Il y a 10 ans, le 2 juillet 1997, la Banque centrale de Thaïlande a laissé flotter sa monnaie après son échec face à une attaque spéculative, ce qui a déclenché un effondrement économique et financier qui s’est étendu à d’autres économies de la région. C’est un phénomène semblable à ce que l’on a connu quinze ans plus tôt avec la crise mexicaine de 1982. Aujourd’hui, on aperçoit quelques signes avant-coureurs de cette crise financière mondiale quand les Saoudiens qui sont les principaux alliés de Washington dans le monde arabe ont refusé de baisser leurs taux d’intérêt après celle du fed préparant ainsi leur détachement vis-à-vis du dollar. Ce qui pourrait déclencher une vague de panique dans tout le Moyen-Orient.

 

Les Chinois qui détiennent d’énormes bons du trésor américain se disent prêts à les liquider en cas de sanction contre la Chine sur la question tibétaine ou des pressions sur la réévaluation du yuan. La chute du dollar aura des conséquences directes sur l’économie européenne qui paie en dollar ses marchandises importées de la Chine et d’autres économies émergentes. La récession s’accompagne d’habitude de mesures protectionnistes, ce qui fragiliserait encore un peu plus l’économie mondiale. C’est dans ce sens que l’on comprendra le refus du G8 dans son communiqué final, de tout protectionnisme.

 

L’économie mondiale s’est trouvée stimulée par l’intégration de la Chine dont le taux de croissance annuel est de 11%. Les pays capitalistes ont profité aussi de l’ouverture économique et politique de la Chine où ils ont massivement investi dans de nouvelles usines et machines et y faire fabriquer des marchandises bon marché. Mais le problème pour ces pays capitalistes reste toujours le même, l’écoulement de cette énorme masse de marchandises, télévision, téléphones portables, puces électroniques etc. Il est vrai que les capitalistes exploitent durement la classe ouvrière chinoise qui est la source de la production de la plus-value dans les usines modernes de Shanghai. Mais il ne suffit pas d’extraire la plus-value de l’ouvrier, encore faut-il trouver un acquéreur pour la marchandise pour transformer celle-ci en argent et en capital et c’est là que réside le nœud gordien. La Chine étant dépendante du marché américain et du marché mondial, une contraction de l’économie américaine et de l’économie frappera durement l’économie chinoise qui aura un effet de domino sur les économies de Taiwan, la Corée du Sud et les autres pays d’Asie. Du fait de sa dépendance de l’économie mondiale, la Chine a aujourd’hui une inflation qui tourne autour de 6,5% et il y a eu dans cet État communiste récemment des grèves pour protester contre les bas salaires. Dans les villes, il y a 150 millions de chômeurs. Il y a certes beaucoup de biens électroniques qui sont fabriqués en la valeur ajoutée valeur ajouté provient d’ailleurs et le marché domestique chinois est limité par le faible pouvoir d’achat intérieur. Encore une fois, l’industrie chinoise fabrique certes d’énormes quantités de marchandises mais la production des marchandises ne suffit à elle-même, encore faut-il les vendre et une récession de l’économie américaine et de l’économie mondiale ne manquera pas de frapper durement l’économie chinoise et l’économie asiatique en général Depuis 1980, la part des exportations dans la croissance est passée de 20 à 45% mais sur la même période, la part de la consommation est tombée de 67 à 50%. En cas de récession américaine, la croissance chinoise pourrait tomber à 8%, ce qui est largement insuffisant pour maintenir l’état actuel de l’économie mondiale.

 

Les économistes bourgeois répètent souvent que la récession peut être évitée par l’intervention des banques centrales et des gouvernements qui apporteront des « corrections ». Les crises ne sont pas dues à des éléments objectifs c’est-à-dire à la logique de l’accumulation du mode de production capitaliste mais à des facteurs subjectifs, c’est-à-dire des décisions erronées prises par les consommateurs, les gouvernements et les banques. La manière d’enrayer la crise serait alors de corriger des erreurs en redonnant confiance aux consommateurs. Les causes des crises dans le capitalisme actuel ne sont pas dues à des facteurs micro-économiques mais à l’anarchie d’un mode spécifique de production. Les crises actuelles sont le résultat de l’anarchie de la production capitaliste. Le problème ne dépend donc pas de la bonne ou de la mauvaise décision des consommateurs, des gouvernements et des banques, mais de la répartition des richesses, du pouvoir d’achat des salariés et de la demande solvable. Une précision tout de même, la solution keynésienne pour relancer l’économie par la demande n’en est pas une, car elle ne propose pas un mode de répartition des richesses mais l’injection de la monnaie dans le circuit économique. Car il faut bien comprendre que dans le mode de production capitaliste, c’est le capitaliste qui décide quand et où investir et produire. C’est donc le primat de la production sur la consommation. L’idée selon laquelle ce sont les recettes de Keynes qui ont engendré les trente glorieuses est fausse, ce sont plutôt les destructions causées par la guerre qui ont sauvé le capitalisme d’une mort annoncée.   

 

Pour ces mêmes économistes, les crises boursières sont des solutions salutaires dans la mesure où elles jouent le rôle de « saignées » visant à purger le circuit économique de ses scories, les capitaux fictifs qui ont été injectés d’une manière irrationnelle. Les choses ne se passent pas ainsi et elles sont beaucoup plus complexes que ne le laissent supposer les économistes bourgeois. La Chine et les pays asiatiques possèdent à eux seuls d’énormes quantités en dollars et de bons du trésor américain. En mettant sur le marché ce trésor de guerre, ils sonnent le glas du système capitaliste. Mais il n’est pas dans leur intérêt de provoquer une crise monétaire mondiale dans laquelle ils seront eux-mêmes engloutis. Une récession aux Etats-unis aura des répercussions sur l’économie mondiale tout entière et même la croissance de l’Europe et du Japon n’arrivera jamais à compenser les effets d’une telle récession sur le marché américain. Nous avons lors des derniers Krachs se précipiter tous les États du monde qu’ils soient industriels ou sous-développés. On peut citer quelques exemples comme la crise du Mexique en 1982 qui déclara son incapacité de rembourser ses dettes. Le choc fut rude et l’affaire mexicaine avait alors précipité dans son sillage d’autres pays d’Amérique latine comme l’Argentine et le Brésil qui étaient eux aussi fortement endettés. C’est grâce à l’intervention des organismes financiers internationaux, notamment la BRI(Banque des règlements internationaux) et le FMI que des plans avaient alors été mis en place pour rééchelonner leurs dettes et pour leur octroyer de nouveaux crédits. La crise asiatique de 1997 a elle- aussi affecté le reste du monde en s’étendant à la Turquie, la Pologne, la Hongrie, la Russie, le Brésil et l’Argentine.

 

Ralentissement ou récession, le mode de production capitaliste est inséparable des crises qui le traversent à intervalles réguliers. S’il a pu jusqu’ici surmonter toutes les crises depuis le milieu du XIXe siècle et après deux guerres mondiales au XXe siècle, c’est au prix des millions de morts et des dégâts matériels considérables qui ont permis l’élimination l’excédent en hommes et en marchandises. Pour résoudre la crise actuelle et les autres crises à venir, le système capitaliste aura sûrement besoin d’une troisième guerre mondiale qui mettra à flot une économie sénile et moribonde. Mais toute la question est de savoir s’il aura assez de ressources et assez force pour survivre à cette énième épreuve comme lors des deux guerres mondiales du XXe siècle. Cette fois-ci, on ne peut qu’en douter. L’histoire jugera.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots clés: économie mondiale, économie parasitaire, récession, crise

 

   

 

 

 

 

 

 

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