DSK; DEBUT ET FIN D'UNE CARRIERE

Publié le par ELMIR

 
DSK EST-IL L’HOMME QU’IL FAUT A LA DIRECTION DU FMI ?
 
 
Dans un article intitulé « Fait accompli », l’hebdomadaire anglais The Economist discute du choix de l’ancien ministre socialiste Dominique Strauss Khan au poste de directeur du Fonds Monétaire International(FMI). The Economist rappelle que les Français profitèrent à la fin de la Seconde Guerre mondiale de l’argent du FMI crée en 1944 et que des français le dirigèrent durant une période représentant la moitié de sone existence. L’hebdomadaire rappelle aussi que les compétences linguistiques et professionnelles de DSK et ses idées libérales au sein du parti socialiste le prédisposent à exercer cette fonction.
 
The Economist critique sévèrement le mode de désignation des directeurs du FMI et de la Banque Mondiale dont le choix relève d’une règle non écrite entre les USA et l’Europe selon laquelle, la direction du FMI revient à un Européen et celle de la Banque mondiale à un américain. Les derniers événements ont montré les limites de ce système de sélection quand Paul Wolfowitz a été contraint de quitter la direction de la Banque mondiale suite au scandale de la promotion de sa secrétaire et du montant de sa rémunératon. L’annonce surprise de l’actuel directeur du FMI, l’espagnol Rodrigo de Rato de quitter son poste à la fin du mois d’octobre trois ans avant la fin de son mandat, est le signe d’une crise profonde de l’institution et ce n’est sûrement pas le choix de DSK qui sera la panacée universelle. Car cette crise va aggraver la crédibilité De l’institution et faire perdre au FMI ses clients traditionnels qui, par manque de confiance, sont tentés de trouver ailleurs leurs propres moyens de financement. The Economist suggère le choix de la Chine pour prendre la direction du FMI, car le poids économique croissant de ce pays et les retombées monétaires des exportations chinoises auraient été un atout pour redonner force et vigueur à une institution en crise. D’ailleurs le directeur actuel l’a bien compris quand il a proposé en septembre de l’année dernière, des réformes à la fois du mode de désignation du directeur et une large redistribution du pouvoir au sein du FMI notamment en proposant d’accorder à la Chine, au Mexique, à la Turquie et à la Corée du Sud, plus de poids dans le vote. Malgré ces réformes, la Chine a encore beaucoup moins de poids que les pays du Benelux. Les prochaines cinq ans seront donc décisives pour tester la patience de ces pays et pour les bailleurs de fonds du FMI.
 
Ce ne sont d’ailleurs pas seulement les protestataires anticapitalistes qui demandent la réforme du FMI, ce sont aussi des institutions représentatives comme le congrès des USA comme le montre le rapport de la commission Meltzer publié en mars 2000, un prix Nobel et ancien économiste à la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, un ancien chef du FMI, Horst Kohler. De plus le FMI comme la Banque mondiale, créés à la même époque que l’ONU, sont appelés à jouer un rôle dans les stratégies de développement des pays en développement notamment dans le cadre des programmes et des fonds mis en place par le conseil économique et social de l’ECOSOC http://editionssiress.wifeo.com
 
DSK, ENJEU DE POLITIQUE INTERIEURE FRANCAISE
 
The Economist apporte certes un éclairage assez intéressant sur la mission très difficile de DSK à la tête du FMI. Mais l’hebdomadaire anglais n’a pas cru pousser un peu plus loin ses investigations sur les raisons profondes de ce choix. D’abord, situer ce choix dans la stratégie du nouveau président Sarkozy dans une stratégie quinquennale visant à mettre en morceau le parti socialiste avant prochaine échéance de l’élection présidentielle en 2012. Ensuite, faire un remake de l’élection de 2002 quand Jospin a été éliminé au premier tour après une campagne médiatique sur le thème de l’insécurité et l’élection de Chirac avec 82% des voix. C’est du jamais vu même dans les républiques bananières. Le soutien des autres pays de l’Europe à la candidature de DSK à la direction du FMI est une manière pour les dirigeants européens partisans d’une Europe ultralibérale, de soutenir Sarkozy dans sa stratégie du démantèlement idéologique du parti socialiste français, la mise en avant de la frange la plus libérale du parti socialiste et la marginalisation des courants hostiles au seul diktat de la loi du marché. On peut aussi conjecturer que le choix de Sarkozy pour la candidature de DSK au FMI est dictée par la volonté d’écarter un concurrent redoutable, car on ne voit pas comment un DSK soutenu par Sarkozy pour le FMI pourrait se retourner contre son parrain et même s’il le voulait, il ne le pourrait pas, car le mandat de cinq ans du directeur du FMI est celui du président de la république française. On peut même dire que la carrière politique de DSK est pratiquée terminée ou du moins mise en veilleuse pendant au moins dix ans, c’est-à-dire deux probables quinquennats pour Sarkozy. Cela explique aussi le désarroi de la direction du parti socialiste face à l’offensive sarkozienne de débauchage systématique et sa volonté de mettre un frein à cette hémorragie en décidant de suspendre toute personnalité tentée par la prétendue politique d’ouverture du chef de l’Etat.
 
L’article de l’hebdomadaire the Economist a tout de même le mérite de poser la question du gouvernance du FMI et de son mode de fonctionnement au delà du choix des personnes qui sont appelées à la diriger durant les cinq prochaines années.
 
FAOUZI ELMIR
 
Mots clés : The Economist, FMI. 

Publié dans ECONOMIE

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