Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 12:45
LES DÉMOCRATOÏDIES OCCIDENTALES Par Faouzi Elmir pour mecanopolis Le peuple Irlandais vient d’approuver par référendum la ratification du traité de Lisbonne après l’avoir rejeté une première fois au mois de juin 2008. Le 19 octobre 2002, ces mêmes Irlandais ont voté pour la ratification du traité de Nice après l’avoir rejeté majoritairement la première fois le 7 juin 2001. Idem pour les Français qui ont rejeté le 29 mai 2005 à plus de 54% le projet de Constitution européenne avant que le traité européen de Lisbonne ne soit ratifié par le Parlement réuni en congrès dans la nuit du 7 au 8 février 2008. Idem pour le « non » hollandais qui, lui aussi, intervenu quelques jours après le « non » français », a été détourné et foulé aux pieds par le gouvernement hollandais. Embourbée en Irak, la Grande Bretagne de Tony Blair et de son successeur a préféré ne pas prendre le risque d’un échec cuisant dans un référendum sur le traité européen. Quant aux autres États de l’Union Européenne, le traité européen a été ratifié par voie parlementaire pour éviter tout risque de rejet par le vote populaire. LA FICTION DE LA « DÉMOCRATIE DIRECTE » LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE SUR LE SITE MECANOPOLIS www.mecanopolis.org
Par ELMIR
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 13:28
POURQUOI UN PACTE MILITAIRE POUR LES ÉTATS DU SUD ? Dans son discours prononcé le 12 mars 1947, Harry Truman annonce sa doctrine de l’endiguement de l’Union soviétique et déclare la guerre au communisme international. Pour combattre militairement le communisme, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, la Belgique, le Canada, l’Islande, l’Italie, le Norvège, et le Portugal créent un pacte militaire par le traité de Washington signé le 4 avril 1949. Après la signature du traité de Washington, une série d’organes, civils et militaires, se mettent en place en vue de coordonner les futures actions des États membres dans leur lutte contre leur ennemi d’alors, l’Union soviétique et les États socialistes est européen. En riposte à l’alliance militaire des pays capitalistes, l’Union soviétique et les États socialistes d’Europe de l’Est créèrent le pacte de Varsovie groupant l’Union soviétique, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie et la Hongrie. Calqué sur le traité Atlantique, le pacte de Varsovie fut un pacte d’amitié, de coopération et de d’assistance mutuelle dont le commandant unique avait été confié au maréchal Koniev.Pourquoi pas un pacte militaire pour les Etats du sud?
DOCTRINE DE LA « CONTRE FORCE » ET DE LA DISSUASION En 1961,
les Etats-Unis ont élaboré une nouvelle doctrine stratégique sous l’impulsion du secrétaire d’etat à la défense Mac Namara visant à renforcer les forces conventionnelles rendues plus mobiles et le développement de nouveaux moyens de ripostes, telles les fusées « Polaris ». À partir de février 1963 et durant les deux années à venir, les Etats-Unis ont œuvré pour faire de l’OTAN une nouvelle puissance nucléaire par la création d’une force atlantique intégrée. Le développement de la puissance nucléaire soviétique pendant les années 1949-1957 et celui de la capacité de lancer des bombes nucléaires sur des objectifs situés à l’intérieur des Etats-Unis ont nécessité une modification en profondeur de la pensée militaire américaine. La première dénommée « contre-force » reposait sur la supposition que la guerre thermonucléaire est possible, concevable, acceptable et qu’elle sera « gagnée » ou « perdue ». Le concept de « contre-force » est un concept stratégique qui considère que seules les capacités de bombardement de l’ennemi sont des objectifs non ses villes. Les adeptes de théorie de la « contre-force » pensaient qu’ils serait préférable d’empêcher pareille guerre avant d’avoir lieu mais ils estimaient aussi que le seul moyen possible était la mise en place d’une force capable de gagner pareille guerre et d’obtenir la reddition de l’ennemi. À ce concept de « contre-force » s’oppose le concept de « dissuasion limitée » fondée sur l’idée que « gagner » ou « perdre » une guerre thermonucléaire était inconcevable et que pareille guerre doit être absolument évitée et que pour ce faire il suffit tout simplement d’augmenter beaucoup sa terreur. NOUVELLE DONNE STRATÉGIQUE EN EUROPE ET DANS LE MONDE En somme, ce sont la puissance militaire et la dissuasion nucléaire soviétique qui ont permis à l’Union soviétique et au bloc de l’est de réaliser une percée dans le Tiers monde et qui ont mené finalement à l’échec de la politique de l’endiguement Truman et de la doctrine d’Eisenhower au Proche et Moyen-Orient. D’abord le rapprochement entre l’Egypte et l’Union soviétique est annoncé lors d’une déclaration commune le 16 avril 1955. Cette déclaration a une double portée: elle annonce l’entrée de l’Union soviétique sur la scène proche et moyen orientale et donne le coup de grâce au pacte de Bagdad. Ensuite, le refus des Etats-Unis de livrer des armes au colonel Nasser, celui-ci se tourna vers le bloc socialiste en signant le 27 septembre 1955 un contrat de livraison d’armes avec la Tchécoslovaquie. C’est aussi la puissance militaire soviétique et le pacte de Varsovie qui ont joué un rôle dissuasif en empêchant les Etats capitalistes de s’attaquer militairement aux jeunes États socialistes d’Europe de l’Est. Si les démocraties populaires ont pu survivre jusqu’à la chute du mur, c’est grâce à la force militaires soviétique et à une réseau de 68 traités d’alliance ou d’assistance mutuelle conclus entre 1945 et 1949 débouchant finalement à la constitution du pacte de Varsovie en 1955. La priorité pour les jeunes démocraties populaires était d’abord de se protéger contre les interventions militaires des États capitalistes de l’Ouest. Sans le pacte de Varsovie, le bloc communiste serait effondré non pas le 9 novembre 1989 mais en Hongrie le 4 novembre 1956 où les forces soviétiques étaient obligées d’intervenir pour mater une révolte fomentée en sous main par les États impérialistes avec l’aide de forces intérieures menées par Imry Nagy. En récompense de son soutien à l’intervention soviétique en Hongrie en 1956, la jeune révolution communiste chinoise s’est vu alors récompenser par un accord « secret » conclu le 17 octobre 1957 en vertu duquel l’Union soviétique promettait de fournir au gouvernement de Pékin l’aide technique nécessaire à la fabrication de la bombe atomique. Sans le pacte de Varsovie, les Etats capitalistes seraient intervenus militairement en Tchécoslovaquie pour soutenir le gouvernement d’Alexandre Dubcek et pour en finir une fois pour toutes avec le régime communiste dans ce pays. Quand l’Union soviétique est intervenue en Afghanistan en 1980, les États unis et de l’Europe se sont contentés de condamnations et de pleurnicheries. Les Américains et les Européens n’ont pas envoyé leurs armées pour combattre les Soviétiques en Afghanistan mais ils ont alimenté et réveillé l’intégrisme et ont armé les Moudjahiddines et les Talibans. Même tout récemment, face à l’intervention des forces russes en Géorgie, les Occidentaux ont préféré condamner au lieu d’intervenir militairement pour soutenir leur allié et leur homme de lige à Tbilissi. A contrario, avec la chute du mur de Berlin, l’effondrement du bloc communiste et la disparition du pacte de Varsovie, les visées impérialistes des États capitalistes, les Etats-Unis et l’Europe se sont dévoilées au grand jour en démantelant la fédération yougoslave et en bombardant Belgrade pour chasser Milosevic du pouvoir. La puissance militaire soviétique a joué un rôle dissuasif en poussant les États capitalistes à adopter un profil bas et à mener une politique moins agressive et plus de réalisme à l’égard du bloc communiste. Face au risque d’une guerre nucléaire, les deux puissance nucléaires étaient amenées à rationaliser leurs comportements et à cohabiter pacifiquement. En toile de fond du risque atomique, l’union soviétique et les Etats-Unis optent pour la coexistence. UN MONDE MULTIPOLAIRE ET LA LEÇON DE L’UNION SOVIÉTIQUE Pour pouvoir vivre dans la jungle capitaliste internationale où le capital ne connaît ni frontières ni pays, l’Union soviétique et le bloc de l’est étaient amenés d’abord à se défendre en concluant une série d’accords militaires et la constitution d’un pacte militaire, le pacte de Varsovie. Les jeunes « États » croupions du Tiers monde formés après la Seconde Guerre mondiale et à la suite de la décolonisation se sont fourvoyés en formant des alliances politiques et des mouvements aussi stériles les unes que les autres (Conférence de Bandoeng, mouvements afro-asiatiques, non alignement, nouvel ordre économique international etc.). La première grosse erreur commise par les jeunes États issus de la décolonisation est leur ignorance ou leur incapacité à comprendre le monde dans lequel ils vivent et qui est régi par la loi de la jungle capitaliste. Dans la jungle capitaliste prédominent non pas le droit et la morale mais la force et la violence. La violence appelle la violence et non pas la charité et les bonnes manières. Pour sauver leur peau, les États du sud et leurs dirigeants n’ont pas deux ou trois solutions, ils en ont une seule, établir un pacte militaire à l’instar de l’OTAN aujourd’hui et du pacte de Varsovie, hier. Pour les États du sud, notamment ceux qui sont convoités pour leur pétrole et leurs matières premières, il ne s’agit nullement de copier servilement l’organisation et les dispositions du traité atlantique et du pacte de Varsovie, mais de mettre en place une force militaire suffisamment dissuasive pour faire réfléchir par deux fois les États prédateurs capitalistes avant de venir avec leur armada occuper leurs pays comme ils l’ont fait durant ces dix dernières années, en Yougoslavie en 1999, en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. Comme par le passé, c’est l’arme nucléaire qui a prouvé son efficacité et sa force dissuasive. Pour les États du sud, les armes conventionnelles ne leur servent pas à grande chose, car ils achètent leurs avions, leurs chars et leurs artilleries aux États capitalistes du Nord qui, en cas de conflit armé, peuvent décréter un embargo sur les pièces détachées, ce qui mettra hors fonctionnement tout le matériel militaire de leur clients. Par exemple, à défaut de pièces de rechange pour les avions rafale ou Mig, ces avions restent cloués au sol et ils ne servent plus à des opérations militaires d’attaque ou de défense du territoire. Ce qui n’est nullement le cas pour l’arme nucléaire qui confère à l’État ayant opté pour cette solution une autonomie et une totale indépendance vis-à-vis des fabricants d’armes qui se trouvent en majorité dans les États capitalistes du Nord, les Etats-Unis et l’Europe. L’acquisition d’arme nucléaire est la solution la plus réaliste et la plus efficace pour les États du sud, car elle joue un rôle dissuasif et c’est cette dissuasion qui est la seule garante d’une véritable indépendance nationale sans laquelle aucun développement économique ou social n’est possible. Sans sécurité nationale, point de développement économique et social. Evidemment, les États impérialistes dont l’arsenal se chiffre par des dizaines de milliers de têtes nucléaires vont aussitôt crier à la dissémination et à la prolifération nucléaire dans le monde. Pour répondre à leurs arguments, il suffit de leur répliquer par la question suivante: pourquoi ont-ils, eux seuls, le droit de posséder l’arme nucléaire et pas les autres? Dans les débats sur la prolifération nucléaire, la question de la peur de la dissémination est récurrente. Ce qui fait le plus peur aujourd’hui, ce n’est vraiment pas la dissémination proprement dite qui est un thème de propagande politique, mais le gigantesque arsenal nucléaire détenu par les Etats-Unis (10 000 ogives nucléaires), la Russie(14 000 ogives nucléaires) sans compter celle de la France, de la Grande Bretagne, de l’Inde, du Pakistan et d’israël. Ce gigantesque arsenal nucléaire est capable de faire sauter mille fois la planète terre. Pour avoir les mains libres dans leur croisade immédiatiser, les Américains et les Européens jouent sur un autre registre, la peur que l’arme nucléaire tombe un jour entre les mains des intégristes ou des fous. Mais on peut leur répliquer que jusqu’à nouvel ordre, le seul fou qui a osé utiliser à ce jour l’arme atomique est Harry Truman en bombardant Hiroshima et Nagasaki par deux bombes atomiques ayant entraîné la mort en quelques secondes des dizaines de milliers de personnes. Rappelons pour mémoire à l’intention de tous les amnésiques de la terre que Harry Truman fut le président des Etats-Unis d’Amérique, champion de la démocratie et leader du monde libre. Lors du deuxième sommet Afrique Amérique latine tenu samedi et dimanche à l’ile Marguerite, au Venezuela, Chavez déclare que le monde du vingt unième siècle sera multipolaire. Malheureusement le président vénézuelien ne nous dit pas comment un monde multipolaire est possible et comment il pourrait voir le jour avec la persistance d’un système impérialiste qui est par définition la négation même d’un ordre multipolaire. Ce n’est sûrement pas avec de la seule coopération dans les domaines économiques, commerciaux, monétaires et culturels que ce monde multipolaire verra le jour. Pour l’émergence d’un monde multipolaire, il faut absolument que les États du sud résistent d’abord et avant à l’assaut et à l’hégémonie des États impérialistes en formant un véritable pacte militaire avec l’arme nucléaire comme seule arme de dissuasion. Pour réaliser leur rêve d’un monde multipolaire, Il faut que les Etats du sud prennent pour exemple l’Union soviétique qui, grâce à la bombe atomique, ait pu établir une parité stratégique avec le monde capitaliste. Sans la bombe atomique, l’Union soviétique et les démocraties populaires auraient été broyées et englouties comme l’ex-Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan. L’élément déterminant et décisif qui a donné naissance à un monde bipolaire après la Seconde Guerre mondiale, c’est la bombe atomique de l’union soviétique et celle de la Chine communiste. Le premier devoir d’un Etat du sud consiste à établir une véritable coopération avec les autres Etats du sud avec à terme la fabrication de sa bombe atomique. Mais ce n’est pas parce qu’un Etat se dote de l’arme nucléaire qu’il doit se préparer à une guerre thermonucléaire. Bien au contraire, la bombe atomique est le seul garant de son indépendance nationale dans un monde régi par l’impérialisme et par la loi de la soldatesque. L’histoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale montre que c’est la bombe atomique qui a été le principal facteur de pacification de ce continent grâce à la politique de l’équilibre de la terreur établie entre les puissances nucléaires. Les dirigeants des États du sud et du Tiers monde doivent absolument méditer cette leçon européenne s’ils veulent un jour voir émerger, comme l’a rappelé Chavez lors du sommet Afrique Amérique latine, un monde multipolaire. FAOUZI ELMIR Mots-clés :Alliances militaires, dissuasion.
Par ELMIR
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 17:13
RÉFORMER OU DISSOUDRE L’ONU ? Malgré son illuminisme et son extravagance, le dirigeant libyen, le colonel Kadhafi ne manque pas de bon sens quand il déchire la Charte des Nations Unies. Pour aller au bout de sa logique, en pensant à la chaussure de Khrouchtchev devant la même assemblée, le bouillant colonel aurait dû aller au bout de sa logique et essuyer ses chaussures avec les bribes de la Charte déchirée. Il ne l’a pas fait mais son discours musclé devant la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies en dit long sur le ressentiment de certains dirigeants des pays du tiers monde à l’égard d’une organisation considérée comme une machine de guerre utilise par quelques Etats qui se nomment communauté internationale pour maquiller leurs croisades impérialistes planétaires. Dans son discours, le colonel Kadhafi met d’emblée en cause le rôle de l’ONU en l’accusant d’avoir couvert et cautionné 47 guerres depuis sa fondation en 1945 et demande des réformes profondes de l’ONU en conférant plus de pouvoirs à l’Assemblée Générale et moins de pouvoirs au Conseil de sécurité. Le colonel Kadhafi, « le roi de l’Afrique » réclame également aux anciennes puissances colonisatrices le paiement de 777 trillions de dollars de dédommagement pour avoir pillé les richesses des pays colonisés et il propose le transfert du siège de l’ONU de New York à la ville libyenne, Syrte. La requête du colonel Kadhafi pour la réforme de l’ONU n’est pas nouvelle et elle devient une question récurrente à toutes les sessions annuelles de l’Assemblée Générale. Faut-il réformer l’ONU ? Sur la réforme de l’ONU, tout le monde est d’accord, mais quoi réformer au juste ? Pour être plus précis, peut-on réellement réformer l’ONU ? La réponse est sans détour : la réforme de l’ONU est impossible et cela pour deux raisons principales. La première, l’ONU a été créée par la Charte de San Francisco signée le 26 juin 1945 sous l’impulsion des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale en leur ferme volonté de devenir le nouveau gendarme du monde et de maintenir par la force et non par le droit le statu quo dans les nouvelles relations internationales . Avec l’ONU, c’en est donc fini avec l’angélisme et le juridisme de la SDN qui était plutôt une association ou un club d’États souverains et égaux paralysé par la règle de l’unanimité. En 1945, l’heure n’était plus à l’utopisme et aux rêveries stériles mais au réalisme, à l’action et au volontarisme. La deuxième raison, c’est l’impossible réforme des dispositions de relatives à l’Assemblée générale. L’Assemblée Générale est certes composée d’États souverains d’Etats souverains et indépendants faisant croire à une sorte de « démocratie mondiale ou de gouvernement mondial » Mais les Etats du tiers monde qui y siègent sont des Etats croupions créés artificiellement de toutes pièces par les puissances impérialistes en légalisant le partage du monde par des accords et des traités, traité de Versailles, Sykes Picot etc. L’Asemblée Générale ressemble plutôt à une coquille vide, car elle est dépourvue de tout pouvoir réel et son domaine de compétence qui, théoriquement très vaste, est somme toute superficiel. D’abord, l’Assemblée ne peut entreprendre aucune action sur une question tant que le Conseil de Sécurité sen trouve saisi, car elle doit renvoyer au Conseil toute affaire qui « appelle une action ». En réalité, c’est le secrétaire général, un homme lige et une marionnette entre les mains des Grands, qui consacre la suprématie du Conseil sur l’Assemblée en matière de maintien de paix. Car, pour toute action militaire, c’est le Comité d’Etat-Major composé des représentants des États membres permanents du Conseil de sécurité, qui sera chargé de son exécution technique. De même, dans l’attente de la conclusion des accords militaires qui définissent les conditions et limites de la fourniture des forces par les Etats membres, ce sont les membres permanents du Conseil qui « pourront entreprendre en commun au nom des Nations Unies, toute action qui pourrait être nécessaire pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Il est vrai que les articles 43 et 106 de la Charte des Nations unies, qui énoncent ces dispositions essentielles pour le maintien de l’ordre international, ne seront jamais appliquées et par conséquent, ce sont une fois encore les Grands qui décident librement et qui imposent leur loi et leur hégémonie politique. Un moment paralysée par le vélo de l’union soviétique, l’ONU s’est révélée, après la disparition du bloc communiste et la fin de la guerre froide, comme le marchepied des Etats capitalistes. Grâce au soutien des anciens États communistes devenus désormais des États satellites des Etats-Unis et de l’Union européenne, des tribunaux pénaux spéciaux et une Cour pénale internationale ont été créés pour juger et punir les Chefs d’État récalcitrants comme Milosevic. Quand on parle aujourd’hui de l’ONU, on pense immédiatement comme le chien de Pavlov à la communauté internationale. Cette soi-disant communauté internationale, composée de six pays, membres permanents du Conseil de Sécurité, évoque le chapitre VII de la Charte et prend des résolutions d’envahir tel pays ou tel autre sous prétexte de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Parfois, en cas de dissensions au sein du Conseil de sécurité, comme ce fut le cas avec la guerre en Irak, les États impérialistes envoient leurs troupes pour occuper les pays convoités quitte à faire appel à l’ONU pour couvrir et redonner légitimité à leurs occupations militaires comme en Irak et en Afghanistan. Alors que l’État sioniste représente depuis plus de 60 ans une menace permanente et sérieuse dans la région du Moyen Orient, jamais le chapitre VII de la Charte des Nations Unies n’a été brandi contre Israël dont les crimes en Palestine ont été, bien au contraire, récompensés et légitimés par le veto américain au sein du Conseil de sécurité. C’est encore le cas, il y a quelques jours, avec Suzanne Rice, et comme ce fut le cas jadis avec John Bolton, Jeanne Kirpatrick et Madeleine Albright qui, d’ailleurs, n’ont jamais fait mystère de leur haine et de leur profond mépris à l’égard de l’ONU et de ses institutions. Le désaccord au sein des membres du Conseil de sécurité n’a pas empêché George Bush d’envahir l’Irak aidé par quelques pantins européens, l’anglais Blair, l’Espagnol José Maria Aznar, l’italien Berlusconi, le Portugais José manuel Barroso, le tchèque Vaclav Havel, le hongrois Peter Mijissai, le Polonais Lack Miller et le danois Andreas Rasmussen. Les dirigeants du tiers-monde qui prônent la réforme de l’ONU pèchent soit par naïveté soit par ignorance car ils n’ont pas compris que les relations internationales sont régies par la force et la violence et une organisation internationale comme l’ONU n’a aucun pouvoir dans le maintien de la paix et de la sécurité. Le naïf ministre égyptien de la culture découvre après coup, suite à son échec face à Irena Bokova dans la course à la présidence de l’Unesco, que celle-ci était une institution politisée et sous influence du lobby sioniste français et américain. Depuis sa création en 1945, l’ONU a été conçue comme un instrument docile entre les mains des États impérialistes pour faire main basse sur les ressources naturelles en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Ceux qui exigent aujourd’hui sur la tribune de l’Assemblée Générale une simple réforme de l’ONU sont des rêveurs et des utopistes, car ce n’est pas la réforme de l’ONU qu’il faut exiger mais son abolition, sa dissolution et sa disparition pure et simple de la vie internationale. Au lieu de faire de la figuration et avec un peu de courage, les dirigeants des pays du tiers monde feraient mieux de franchir le Rubicon en se retirant purement et simplement de l’ONU. Mais que l’on se rassure, avec ou sans l’ONU, les relations internationales seront toujours dominées par les puissances impérialistes qui continueront leurs croisades et leurs guerres partout où il y a des puits de pétrole et des matières premières à piller et à exploiter. FAOUZI ELMIR Mots-clés : ONU, réforme, dissolution.
Par ELMIR
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 09:50
LA POLLUTION PSYCHOLOGIQUE Par Faouzi Elmir pour mecanopolis Jusqu’ici le mot pollution suggère la pollution de l’air, des eaux et des sols mais jamais cette forme invisible et insidieuse, la pollution psychologique. Le pouvoir de nuisance de la pollution n’est pas moindre sur l’organisme que la pollution chimique, qui est la plus importante de toutes les formes de pollution. Pour savoir ce que sous sous-entend le vocable de pollution psychologique, il convient d’établir au préalable quelques distinctions utiles. On est tenté dès l’abord d’identifier pollution psychologique et propagande politique. Or, malgré les effets identiques produits par la pollution psychologique et par la propagande politique, c’est-à-dire, la modification de la posture psychique de l’individu et création d’êtres aliénés, elles diffèrent par leurs sources et leurs champs d’activité. D’abord, la propagande politique est reconnaissable par tout le monde ou presque, car elle émane d’organes et d’institutions politiques chargés d’influencer les opinions publiques et le choix des masses pour telle politique et contre telle autre. Les techniques et les acteurs de la propagande politique sont dûment identifiés, un gouvernement, un parti politique, une administration, une institution, un groupe de pression etc. Ensuite, les moyens mis en œuvre par les stratèges de la propagande politique sont volontaires, étudiés et calculés avec des objectifs à atteindre préalablement fixés et déterminés. Enfin, on reconnaît habituellement une propagande politique par les thèmes, les slogans et les mots d’ordre qui sont proprement politiques. DÉFINITION ET FORMES DE POLLUTION PSYCHOLOGIQUE LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE SUR LE SITE MECANOPOLIS www.mecanopolis.org
Par ELMIR - Publié dans : CAPITALISME
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 12:02
Un an après la crise de subprime et la faillite retentissante des grandes banques américaines, notamment la banque Lehmann Brothers, les mass medias des pays capitalistes, euphoriques, pavoisent et exultent. Ça y est, le pire a été évité, on voit enfin le bout du tunnel et la crise est derrière nous. Comme pour nous convaincre que la crise est surmontée et que tout ou à peu près tout est rentré dans l’ordre, les mass medias en France qui, rappelons le au passage, sont contrôlées par deux marchands d’armes(Lagardère et Dassault) et par un entrepreneur en travaux publics(Bouygues) recourent ostensiblement à l’argument d’autorité en citant des noms d’experts et d’économistes célèbres, Stieglitz, Fitoussi, Cohen & CO. Puisque ces soi-disant sommités intellectuelles nous disent que la crise est finie et que l’on s’achemine vers une sortie imminente de crise, nous leur demandons de produire leurs preuves et leurs critères sur lesquels ils se fondent pour nous faire croire que le monde capitaliste est enfin sorti d’affaire. À écouter ces économistes et experts attitrés, il n’y a pas eu effondrement de l’économie entraînée par une cascade de faillites de banques et de grosses entreprises comme les constructeurs automobiles. Ce redressement de la situation est dû à l’intervention rapide et efficace des États et de la banque Européenne et à une bonne et saine gestion de la crise. On oublie cependant une chose que ces économistes et ces experts attitrés qui occupent à longueur de journée l’espace médiatique et qui profèrent ce genre d’inepties sont d’abord et avant tout des individus organiquement liés aux intérêts des États et du Capital qui les nourrissent et qui les engraissent (comme l’engraissage des animaux d’élevage par les produits anabolisants) pour ensuite s’en servir comme une caution scientifique et comme instrument pour leur propagande politique. Il faut bien décortiquer et examiner à la loupe leurs discours et leurs arguments pour se rendre compte de leurs chamailleries et de leurs affabulations. Il est vrai que le pire a été évité de justesse mais la question qui se pose aussitôt : pour qui ? Le pire a en effet évité non pas pour les sociétés capitalistes qui elles, sont plongées comme toujours d’ailleurs depuis deux siècles dans des crises chroniques et endémiques mais seulement pour le grand Capital, les banques et les constructeurs d’automobiles. Le monde capitaliste est en crise profonde comme il n’en a jamais connu auparavant et la crise du capitalisme continue et s’aggrave jour après jour et rien ne semble arrêter cette descente en enfer. Dans cette crise, nous avons eu la preuve irréfragable que les États qui prétendent représenter l’intérêt général, sont sous les bottes du Capital et ils se sont révèles comme par le passé, les véritables serviteurs des monopoles. Nous avons pu remarquer que les États et la Banque Centrale Européenne se sont levés comme un seul homme pour venir en aide des banques et des constructeurs d’automobiles menacés de faillite en les renflouant à coup de milliards d’euros alors que les responsables politiques affirmaient quelques jours avant l’éclatement de la crise que les caisses étaient vides et que selon les termes de François Fillon, la France était en faillite imminente. Cette mobilisation sans précédent des États en faveur du grand Capital montre une fois de plus que les États dans un système capitaliste n’ont d’autres fonctions que de réprimer les classes exploitées et d’intervenir le moment venu pour servir les intérêts du Capital. Ceux qui pensent que la crise est derrière nous et que le pire a été évité de justesse se trompent lourdement et prennent leurs désirs pour des réalités, car le système capitaliste est incapable de fonctionner par ses propres moyens endogènes et de surmonter par lui-même ses propres crises endémiques et permanentes selon la main invisible d’Adam Smith et la sacro sainte loi du marché. Pour surmonter ses crises chroniques endémiques, le système capitaliste a besoin de deux béquilles: un État répressif d’un côté et une myriade d’institutions spécialisées dans le lavage des cerveaux de l’autre. Si le système capitaliste est en crise permanente, cela est dû à des éléments structurels contradictoires qui empêchent son bon fonctionnement. Car le système capitaliste est fondé sur la logique de l’accumulation du capital et c’est justement cette logique de l’accumulation du capital qui le plonge dans des crises endémiques et permanentes sans fin et qui l’empêche de s’autoréguler par lui-même. Il faut savoir que l’économie capitaliste n’est pas une économie faite pour satisfaire les besoins humains mais pour générer des richesses et de l’argent pour une poignée de profiteurs et d’exploiteurs. C’est pourquoi l’économie capitaliste est traversée sans cesse par des contradictions insurmontables, celles de la surproduction et de la sous-consommation, de l’abondance et de la pénurie, et des richesses et de la paupérisation. Les crises endémiques du mode de production capitaliste sont engendrées par cette loi fondamentale, la baisse tendancielle du taux de profit. En effet, la surproduction inhérente au capital créateur de plus-value est par définition liée à la pénurie et à la sous-consommation. Le couple surproduction - pénurie est inscrit dans tout le cours du capital, car sa « productivité », c’est-à-dire sa capacité de faire des profits, est en diminution constante tout au long du cycle et au fur et à mesure de la baisse du taux de profit. Cela signifie concrètement que sur une composition organique déterminée du capital, une même somme de valeurs rapporte de moins en moins de profits de sorte que la masse énorme de capital se valorise toujours péniblement. Le capital qui est par définition production de plus-value ne peut plus alors fonctionner en tant que tel, se reproduire tout entier. Le capital non valorisé ou dévalorisé est un capital détruit, mort, un capital cadavérique. La crise est ainsi le tournant où la surproduction se mue en pénurie de capital. Ce renversement s’effectue lorsque la masse de plus-value extorquée(heures de travail non payés) ne suffit plus à valoriser la masse du capital accumulé. Surproduction ne signifie pas autre chose que surproduction de moyens de production qui entraîne à son tour chute du taux d’exploitation au-dessus d’un certain niveau, perturbations et arrêts du procès de production capitaliste. Le système capitaliste est donc une économie qui est en crise permanente et il ne connaît aucun répit. Les schémas et les cycles Juglar, Schumpeter etc sont faux, car il est impossible de tracer des frontières entre les périodes de crises du capitalisme et celles où il ne l’est pas. Il est faux de dire qu’à telle période, il y a crise et qu'à telle autre période, il n’y en a pas. Les périodes de crise ou de non-crise correspondent en réalité à des crises de surproduction soit générales soit partielles. Les crises de surproduction généralisées ont trouvé leurs solutions dans deux guerres mondiales qui ont fait plus de cent millions de morts. Quels sont les critères qui délimitent les périodes de crises ou de non crises ? il n’y en a aucun, car on retrouve aussi bien pendant les crises ou que dans celles de non-crise, les mêmes effets immuables: licenciement massif de salariés jetés sur le pavé ; faillite de capitalistes qui, privés de la manne des profits, arrêtent leurs usines et leurs machines encore en état de fonctionner. Les crises partielles du capitalisme sont maquillées par le système de crédit qui a porté à l’éléphantiasis la production dans tous les secteurs. Le système de crédit a été conçu comme une solution alternative aux guerres sanguinaires et aux champs de bataille pour conjurer les crises en donnant un certain pouvoir d’achat aux salariés. Mais il ne suffit pas de distribuer de l’argent pour doper ou droguer l’économie, harmoniser production et consommation et remédier au déséquilibre entre la surproduction et la sous-consommation. Ce n’est pas parce que l’on met plus d’argent en circulation que l’on résorbera la surproduction, car l’argent est lié aux revenus et directement ou indirectement à l’emploi d’une part et à la masse et à la qualité de la production d’autre part. La surproduction et donc la mévente fait baisser les salaires et les profits entraînant licenciement dans telle branche ou dans telle autre. INSTRUMENTALISATION DES CRISES DU CAPITALISME Les crises endémiques du mode de production capitaliste sont du pain béni pour les classes dominantes et la propagande politique s’en sert comme arme psychologique pour domestiquer les classes exploitées et pour opérer des restructurations et délocalisations en vue de l’augmentation de la rentabilité et de la productivité du capital investi. Les crises du capitalisme sont instrumentalisées pour lutter contre cette inflexible et redoutable loi, qu’est la baisse tendancielle du taux de profit. La propagande politique dans les Etats capitalistes en crise joue sur la peur du chômage pour redonner légitimité au Capital et faciliter la mise en œuvre de plans libéraux d’austérité. La propagande capitaliste utilise le chômage de masse pour légitimer la surexploitation de la force du travail. Rappelons que les deux formes principales d’exploitation qui sont inhérentes au système capitaliste sont : l’augmentation de la durée de la journée de travail et la diminution du salaire. Le but de la propagande politique consiste à faire un bon usage de la crise pour paralyser la combativité des salariés et pour semer la peur et la panique psychique au sein des classes exploitées. Quand les classes exploitées sont gagnées par la peur, elles sont paralysées et elles sont incapables de mener des actions contre les politiques libérales visant à augmenter la durée du travail et à baisser les salaires. La crise doit être systématiquement exploitée pour cultiver la résignation populaire en jouant systématiquement sur la peur du chômage qui apparaît lui-même dans cette perspective comme un appui inappréciable pour les classes capitalistes. Exploité à bon escient, le chômage de masse, permanent et menaçant, est un rouage essentiel dans le fonctionnement du système capitaliste. Un vieil adage du capitalisme infantile doit être sans cesse présent à l’esprit de chaque salarié: si deux patrons courent après un ouvrier, le salaire monte mais si deux ouvriers courent après un seul patron, le salaire baisse. Hors de ce précepte, point de salut. Un chômeur de plus, c’est une véritable aubaine pour le capitaliste et le chômage apparaît comme le début de la sagesse sociale. L’insécurité de l’emploi et la hantise du chômage ont pour but d’affaiblir la résistance et la combativité des individus abattus moralement et psychologiquement. Les crises endémiques ont toujours été une aubaine pour les États et les classes capitalistes qui s’en servent comme un mode de gestion de la société. Il suffit tout simplement de faire un bon usage des crises du capitalisme pour domestiquer le peuple et les masses en leur apprenant le civisme économique et politique ainsi que l’obéissance aveugle aux ordres et aux injonctions de leurs maîtres et leurs donneurs d’ordre. À cet égard, les crises jouent un rôle pédagogique, car elles modifient la posture psychologique des peuples et des masses qui sont obligés de subir toute leur vie les effets ravageurs et destructeurs de la loi de la jungle capitaliste.
Par ELMIR - Publié dans : CRISE
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 10:10
POURQUOI HAIS-JE LE PEUPLE ? La détermination du peuple est immuable et effrayante. Le peuple est une masse d’individus conditionnés mentalement et intellectuellement par une myriade d’institutions spécialisées dans le lavage des cerveaux et dans l’apprentissage aux futurs métiers de la servilité et de l’assujettissement. En effet, pour qu’il y ait peuple conditionné mentalement et intellectuellement, il faut qu’il existe préalablement école, famille, lois, institutions, État etc dont la mission consiste à modifier la posture psychique de chaque individu pour en faire une masse et des hommes dressés comme les animaux du cirque. Dans le dressage des êtres humains, l’école n’a rien à envier aux centres de formation spécialisés dans la formation des animaux du cirque. L’école et les méthodes pédagogiques ne sont pas autre chose qu’une sorte de dressage des enfants en bas âge appelés à former plus tard ce que l’on appelle l’esprit public ou l’opinion populaire d’une collectivité ou d’une nation. Les chantres de l’humanisme et les philanthropes veulent faire croire que l’école est là pour faire le bonheur des hommes alors qu’elle est en réalité un lieu concentrationnaire chargé de former des troupeaux humains à marcher et à être contents à marcher. L’école est d’abord l’endroit où se forment les réflexes conditionnés des êtres humains suivant des méthodes claires et très sûres. Malgré les différences d’aptitude entre les animaux de diverses espèces, tous les animaux peuvent finalement être dressés. Il en est ainsi des populations scolaires qui, malgré les différences d’aptitude de chacun de leurs membres, seront en fin de compte dressées. À l’école, comme dans le cirque, on retrouve les mêmes principes: l’appât et la peur des sanctions, la crainte de la douleur qui sont les mobiles sur lesquels repose l’apprentissage des animaux et des troupeaux humains. L’imitation pratiquée sur une grande échelle dans l’éducation joue un rôle déterminant dans la formation des réflexes chez les enfants, car elle joue le rôle de « drainage » chez des écoliers en présence d’autres écoliers. C’est au sein de l’école que se forme le peuple ou l’esprit populaire, cette grande masse d’individus suggestionnables, influençables et violables psychiquement. Dans la vie de nos soi-disant sociétés démocratiques, le peuple est censé être libre et souverain dans le choix de ses gouvernants et de ses représentants. Or, la réalité est tout autre et le peuple n’est là que pour une mission de figuration pour les kermesses électorales. Ce qui est demandé au peuple dans les démocraties capitalistes, ce n’est pas seulement de participer à la mascarade électorale mais surtout et avant tout d’obéir et de se taire. Le peuple a été formé et préparé des années durant à recevoir des ordres, à bien les interpréter et à les exécuter correctement. Il faut bien dire que l’ordre est plus ancien que le langage sinon les animaux du cirque ne pourraient pas le comprendre. La manière de bien comprendre le sens de l’ordre est d’une importance capitale, car la finalité de tout ordre est de déclencher une action. Mais comme toute action est précédée d’un ordre, on comprend aisément pourquoi les regards du peuple sont toujours rivés sur les lèvres de ses meneurs et de ses maîtres dans l’attente des mots d’ordre. Songeons à ces millions de victimes qui ont répondu présentes lors des différentes guerres et dont les corps ont servi de chair à canon. Le peuple est donc, comme le soldat, n’agit que par ordre et il passe sa vie durant à attendre ce moment crucial, le garde-à-vous. La réponse du peuple comme celle du soldat est toujours la même, « A vos ordres ». Comme le soldat lors de sa formation militaire, le peuple sait parfaitement grâce à l’école et à l’imitation, à quel moment il doit répondre présent à l’appel de ses maîtres et meneurs pour procéder à l’exécution des ordres. Pour passer de l’ordre à l’action, le peuple a besoin seulement du mot d’ordre des maîtres et des donneurs d’ordre qui lui imposent une certaine direction. L’art du meneur et du donneur d’ordre consiste à résumer en mots d’ordre tout ce qu’il veut obtenir et à les présenter avec force et d’une manière convaincante pour l’aider à rassembler des individus en peuple. C’est pourquoi les meneurs du peuple utilisent le langage de l’inconscient en recourant à des mots-clés, des slogans, des symboles visuels et sonores, à certaines couleurs et à la musique. La première mission des meneurs est celle qui consiste à niveler le peuple vers le bas pour mieux le dominer. Pour que l’ordre soit efficacement exécuté, c’est-à-dire sans hésitation, ni discussion, ni explication, ni doute, car, comme pour les animaux du cirque, le peuple ne doit recevoir ni nourriture ni récompense que des mains de ses meneurs et ses maîtres attitrés. Mais contrairement aux animaux du cirque qui peuvent être sanctionnés soit par faim soit par la mort, le défaut d’obéissance du peuple se traduit généralement par sa participation directe dans la fabrication de la machinerie qui sera appelée à le châtier et à le punir, la dictature et le totalitarisme qui s’érigent en son nom. Pour que l’ordre garde toute sa puissance et ses caractères indiscutables, il faut sans cesse travailler au nivellement du peuple vers le bas. Car plus le niveau intellectuel et mental du peuple est bas plus l’ordre a une chance d’être spontanément et correctement exécuté. C’est parce que le peuple a toujours été à la fois la victime consentante et le complice des dictateurs et des dictatures, que je hais le peuple. Je hais le peuple, parce qu’il est par définition ignorant, aveugle et une marionnette manipulable à volonté. Je hais le peuple, car il est composé d’individus frustes mus par le seul instinct et absorbés par les seuls besoins animaliers, par le boire, le manger et le s’amuser bêtement. Je hais le peuple, car il constitue une entrave à ma liberté et à la réalisation de mes aspirations qui ne sont nullement celles de produire et de consommer. C’est parce qu’il est le seul responsable de tous mes malheurs et de tous mes déboires dans la vie terrestre, que je hais profondément et viscéralement le peuple. FAOUZI ELMIR Mots-clés : peuple, école, dressage.
Par ELMIR - Publié dans : OPINION
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 17:19
THE SO CALLED DEMOCRACY IN OCCUPIED AFGHANISTAN Like in occupied Irak last year, Thursday, 20th of august, presidential and provincial elections have been organized in occupied Afghanistan. Since one week, the mass media in United States and in Europe manipulate its public opinions with the elections in Afghanistan to make believe that the aim of the occupying forces in this country is the establishment of the democracy through a free elections and a free expression of the afghan people. But nobody is dupe of this electoral masquerade that use the capitalist and imperialist powers to set a prince or a president on the throne and to strengthen their domination in the occupied zones. The capitalist and imperialist propaganda seeks to make believe that the OTAN forces in Afghanistan are struggling against the extremist forces and for the liberty of the western people. Since 2001, OTAN forces are fighting a foe without army and without sophisticated weapons. The Taliban arms are known to be small arms when the Otan forces use aircrafts, heavy artilleries and the control of the information. Of the military field, the OTAN forces have undoubtedly a heavy crushing over the Taliban combatants. The soviet military adventure in the late 1980 in Afghanistan shows that there is no military solution in this mountainous country and the capitalist and imperialist powers have a clear conscience of this reality. The periodical elections show in the occupied countries, in Irak last year an today in Afghanistan, are conceived as device and stratagem to manipulate the international opinion public on the one hand and to divide the domestic political forces in applying the principle Inherited from the colonial era, divide to rule (diviser pour régner) on the other hand. Like in the capitalist countries, the elections in Afghanistan are not more than a comedy, with actors and casting forecasted and prepared longtime before the elections. To make believe that there is a real competition between many candidates, the American and European strategists in political propaganda have put a plan of campaign. They seek 41 candidates and rivals of the present afghan president Amin Karzai. Everybody knows that all the rivals of the present president Hamid Karzai doesn’t have any luck to win the elections. We have the same comedy in the capitalist countries with a myriad of candidates but the real winners will be the candidates and the parties who have been massively supported by the capitalist mass medias. By another way, the millions of dollars of the electoral campaign of Karzai have been spending to buy the votes of the tribal chiefs. The AMERICAN and european propagandists advise and recommend to Karzai to call upon the services of former “war princes” like Abdel Rachid Dustom, “the Butcher of Taliban” who leaves sine many years in exile in Turkey and Mohamed Mohquaq, an ally of the iranian regime. This appeal of the occupying forces and Hamid Karzai to Dustom services who have been accused to have murdered about 1500 Taliban fighters aims to win the Ouzbeks tribes votes. The leader of the “popular unity”, Mohamed Mohquaq, accused for humanity and war crimes, whose the party is taking root in the northern Shiite tribes el Hazari, will be rewarded by five ministerial offices for his support for Karzai. This coming back of the former war’s princes in Afghanistan recalls the AMERICAN strategy in Irak whose the political life was organized after the occupation on confessional grounds with the domination of the Shiite parties. To struggle against Alqaida militants, the United States and Irakian government armed and financed also the sunnite tribes. Eight years ago, the aim in Afghanistan of the occupying forces was the democracy and the freedom for the afghan people. All remember the capitalist and imperialist propaganda which promised liberty, freedom and progress. Eight years after, the war is raging with civil and military causalities. The country is still ravaged by wars which have been going on thirty years without any political or military solution in view. In Irak and in Afghanistan, we have now examples of the capitalist and imperialist democracy which means Death, misery, devastation. In recent interview, the former general secretary of the United Nations, Boutros Boutros Ghali who declares that “democracy is the sharing of power”(Unesco Social and human sciences”, july-september 2009). When Mr Ghali make this statement, we have to ask ourself if this man is not mental sick, blind or deaf-mute. Boutros Ghali didn’t see at all that democracy in the capitalist countries is sharing only and exclusively by those who are able to manage and protect the interests of the capital when the democracy in the third world is synonym of underdevelopment, wars, destruction, starvation and misery. With the occupation of Irak and Afghanistan, we have concretely two examples of the western democracy. FAOUZI ELMIR Key-words: Afghanistan, election, democracy,
Par ELMIR - Publié dans : COLONIALISME
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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /Août /2009 11:57
LUDWIG GUMPLOWICZ : LE POLITOLOGUE JUIF, THÉORICIEN DE LA SOLUTION FINALE Ludwig Gumplowicz fut un célèbre politologue et sociologue dans les planètes académiques de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Ce silence sur un académicien très connu de ses contemporains a de quoi intriguer tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des disciplines universitaires et aux origines des sciences humaines. Aujourd4hui, les étudiants en sociologie, en droit et en sciences politiques citent volontiers Herbert Spencer, Auguste Comte, Max Weber ou Emile Durkheim mais ils ignorent tout de Ludwig Gumplowicz qui était connu en Europe et aux Etats-Unis grâce à ses ouvrages traduits en plusieurs langues. Les écrits de Gustave le Bon ou ceux de Gabriel Tarde nous sont familiers mais pas ceux de Ludwig Gumplowicz qui, pourtant, aurait dû figurer parmi les fondateurs de la science politique et de la sociologie. Ce silence, volontaire ou involontaire, sur un personnage académique de premier rang s’explique par la volonté des tenants actuels des sciences humaines de gommer autant que faire se peut les origines idéologiques de leurs disciplines qui, rappelons-le, furent l’oeuvre de théoriciens fortement imbibés de darwinisme social et de vision hiérarchique et classificatoire du monde de l’homme et de la nature. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les grands noms de la littérature anthropologique, ethnologique, historique, sociologique et politique de la fin du XIX et du début du XXème siècle et que les concepts de race, de hiérarchie et de luttes entre les races n’étaient pas l’apanage de quelques oiseaux rares tels que Gobineau, Chamberlain, Vacher de la Lapouge, Haeckel ou encore Ludwig Gumplowicz. Sans exagréation on peut dire que toute l’intelligentsia européenne de cette fin du XIXe et du début du XXème siècle était raciste et ses membres étaient des racistes patentés et convaincus de la supériorité de la race blanche, plus précisément de la race européenne, sur les autres races non blanches et non européennes. Issu d’une famille de juifs polonais, Ludwig Gumplowicz est né à Cracovie le 9 mars 1838 et mort à Graz le 19 août 1909 en se suicidant lui et sa femme après avoir été atteint d’un cancer. Après des études de droit à Vienne et à Cracovie, Gumplowicz entame en 1875 une carrière dans l’enseignement d’abord comme professeur de droit constitutionnel avant de devenir professeur de sciences politiques en 1893 à l’université de Graz. Ludwig Gumplowicz est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « sociologie et politique », « précis de sociologie » et surtout « la lutte des races » publié en 1883, un livre traduit en plusieurs langues dont le français en 1893. Les idées et les théories de Ludwig Gumplowicz influencent un certain nombre de ses contemporains comme Vacher de Lapouge, Ammon, le sociologue américain Lester Ward, l’économiste Vilfredo Pareto et le futur leader fasciste italien, Benito Mussolini. Dans son célèbre livre, « lutte des races », traduit en français et publié en 1893 à Paris par la librairie Guillaumin, Gumplowicz élabore une nouvelle théorie de l’histoire de l’humanité fondée, non pas sur la lutte des classes comme chez les marxistes mais sur la lutte des races. Pour l’auteur de la « lutte ds races », ce sont les races qui forment le noyau de l’histoire universelle et les sociétés humaines sont composées de races qui sont en guerres perpétuelles et qui « dans la lutte qu’elles soutiennent les unes avec les autres, sont des propagatrices du processus de l’histoire » (Lutte des races, p. 192). Une race est définie à la fois par des facteurs physiques, l’unité du sang mais aussi par des facteurs culturels et intellectuels, la langue, la religion, la coutume, le droit, la civilisation etc. Les caractères des races se sont produits naturellement et historiquement, grâce au « procédé d’histoire naturelle »(luttes des races.p.255). Mais la race n’est pas le produit d’un simple processus naturel mais le produit du processus historique qui est lui-même un processus naturel. Dans les guerres perpétuelles auxquelles se livrent les races, « l’élément ethnique ou social puissant cherche à faire servir à ses buts tout élément ethnique faible qui se trouve dans son rayon de puissance ou qui y pénètre »(Lutte des races, p. 159). La domination et l’exploitation de l’élément ethnique faible par l’élément ethnique puissant sont une nécessité impérieuse imposée par une loi naturelle inflexible qui confère à une bande d’hommes suffisamment de forces et de pouvoir pour écraser les autres races et pour assujettir les autres bandes, hordes et tribus qui lui sont étrangères par le sang. La guerre et la lutte entre les races n’ont d’autre objectif que la domination et l’exploitation car « le but de toutes les guerres est toujours le même, quelles que soient les formes différentes sous lesquelles ce but est visé et atteint : c’est de se servir de l’ennemi comme d’un moyen de satisfaire ses propres besoins ». (luttes de races.p.175). L’exploitation et la domination des races inférieures par les races supérieures sont commandées non pas par la volonté de quelques individus mais par la nature humaine. L’élément ethnique supérieur se sert de la guerre comme moyen pour assujettir l’élément ethnique inférieur. Tout compte fait, la domination qui est le but ultime de toute guerre n’est pas autre chose qu’une division de travail imposée par la race dominante qui cherche à faire travailler et à exploiter les races inférieures en vue de perpétuer sa supériorité. La guerre elle-même est la manifestation de ces forces et tendances qui règnent au sein des sociétés humaines. La guerre est une nécessité pour les races que l’est, dans les tous les autres processus naturels, la perpétuité d’action des diverses forces de la nature. Pour appuyer sa thèse de la lutte des races, Gumplowicz évoque l’histoire et le présent qui offrent l’image de guerres ininterrompues et perpétuelles entre les tribus, les peuples, les Etats et les nations. Après avoir annoncé une première loi naturelle, celle de la légitimité et de la nécessité de la domination et de l’exploitation des races inférieures par les races supérieures, Gumplowicz annonce une deuxième loi naturelle, celle du syngénisme. Le terme grec syngenea, qui signifie parenté, parentèle, désigne un ensemble de facteurs unissant les membres d’une même race. Pour Gumplowicz, la nature a engendré sagement et prudemment non pas les sentiments « humains » mais les sentiments syngéniques qui sont à l’origine de la formation des bandes, des tribus, des États et des nations. Ce sont les sentiments syngéniques que font que certains groupes d’hommes qui, se sentant reliés entre eux, « cherchent à agir comme un seul facteur dans la lutte pour la domination » (Lutte des races. pp 241-242). À l’origine de la formation du sentiment syngénique, il y a la consanguinité mais aussi l’éducation, la langue, la religion, la coutume, le droit, les manière de vivre. Grâce au sentiment syngénique, de cercles consanguins et de groupes d’hommes se forment et se maintiennent dans le temps et dans l’espace avec « une conscience d’une origine commune ou qui croient à une origine commune » (p. ibid). Le sentiment syngénique dépasse largement en intensité les sentiments sociaux et les sentiments humains, car leur mode de formation s’appuie à la fois sur un substratum physique qui est la ressemblance physique et la consanguinité et sur la ressemblance intellectuelle des membres d’un même groupe. C’est l’existence de ce sentiment syngénique qui fait que les membres d’un État se sentent solidaires entre eux et qu’ils cherchent « à se donner comme particulièrement nobles, particulièrement distingués, comme des peuples élus parmi les autres peuples » (luttes des races.p.244). Le syngénisme est en définitive un sentiment qu’éprouvent les individus qui « se trouvent plus étroitement rattachés à un groupe d’hommes qu’à d’autres groupes d’hommes »(luttes des races.p.242). c’est aussi le syngénisme qui maintient la cohésion des races, qui les organise en divers corps d’armée et qui les dispose sans cesse en ordre de bataille. Mais plus les sentiments syngéniques sont forts et affirmés dans un groupe, plus sa cohésion est grande et plus grande devient sa haine de l’étranger et de tout ce qui est étranger. Cette haine de l’étranger, produit naturel des sentiments syngéniques, se révèle comme une nécessité naturelle qui pousse certains groupes à exterminer les groupes étrangers à la première occasion.(p.247). Gumplowicz prend l’exemple des Boers chrétiens en Afrique du sud, les Boschimans et les Hottentots qui cherchent à s’exterminer mutuellement, car ils sont étrangers les uns aux autres du fait qu’ils n’ont de commun entre eux aucun des circonstances syngéniques. Les luttes permanentes entre les races s’alimentent sans cesse de la division de l’humanité en cercles syngéniques antagonistes. c’est le sentiment de la supériorité d’une race sur les autres races qui a donné naissance à l’histoire née « de ce besoin subjectif des hommes de glorifier ce qui leur propre et ce qui les entoure de plus près, en abaissant et en dénigrant ce qui leur étranger et ce qui est éloigné d’eux »(lutte des races.p.250). Ce sont la haine perpétuelle, l’antagonisme et l’antipathie entre les races qui empêchent la fusion entre les races et en dernier lieu la formation d’une humanité unifiée (p.256). Ce qui entrave l’amalgamation des races, c’est l’aversion de chaque race pour tout mélange sanguin avec les autres races et l’horreur de chaque membre de la communauté sanguine du mélange avec le sang étranger.(p.256). Outre le sang, il y a la langue qui est le « sang intellectuel, son être intellectuel » (Ibid) et la religion, ce puissant ciment des races en lutte les unes contre les autres. Ce sont les dispositions et les sentiments les plus naturels imposés par la nature qui constituent ce que Gumplowicz appelle la haine de race(Luttes des races.p.257) et qui poussent les membres de chaque race à mépriser la religion, la langue, les coutumes, les mœurs d’autres races et surtout à ne pas se mélanger pour garder la pureté du sang. Gumplowicz identifie d’ailleurs patriotisme et la pureté du sang. Mais il arrive un moment où la perpétuelle lutte des races se transforme en lutte pacifique et juridique dans l’organisation du pouvoir, à l’intérieur de l’Etat. Pour le besoin de l’industrie et du commerce, l’élément ethnique dominant impose sa langue qui devient la langue dominante, laquelle langue dominante imposera à son tour sa domination sur les mœurs, les coutumes et les conceptions religieuses organiquement solidaires avec elle. Dès qu’un groupe commence à parler la même langue, à avoir une même religion, les mêmes mœurs et les mêmes coutumes et les mêmes manières de vivre, on assiste à une circulation du sang entre les mêmes membres d’une communauté et « dès que la nouvelle race possède cette structure, une lutte s’engage nécessairement et inévitablement avec toute autre race au contact de laquelle la nouvelle vient à se trouver ; et dans cette lutte se déplace la fureur qui jadis faisait rage entre les éléments unifiés aujourd’hui »(Lutte des races.pp 259-260). La race qui vient triompher est poussée par ses penchants naturels à chercher des lieux où réside d’autres races étrangères « afin d’entrer derechef en contact avec elle et de recommencer la lutte qui menaçait de s’arrêter »(Lutte des races, p.260). Cette volonté de dominer et d’exploiter les races inférieures par les races supérieures définit la loi du mouvement qui « est l’âme proprement dite de l’histoire, car elle produit, par une circulation toujours nouvelle, la lutte des races, l’unité de langue, la communauté de civilisation et elle ne cesse de propager de plus en plus loin les éléments capables de vivre, en refoulant du sol ceux qui en sont incapables »(Lutte des races.p.260). Pour Gumplowicz, la perpétuelle lutte des races est la tendance naturelle du mouvement de l’histoire et elle définit la loi même de l’histoire « tandis que « la paix perpétuelle » « n’est que le rêve des idéalistes »(Lutte des races.p.261). Comme on vient de le voir, Gumplowicz explique tout par le facteur ethnique et par les races : les classes sociales et les castes professionnelles. L’exploitation d’un groupe ethnique par un autre est justifiée par la nécessité de la lutte des races entre elles même si le syngénisme n’est nullement réductible au seul facteur biologique. C’est cette vision racialiste que Ludwig Gumplowixz ensiegne à plusieurs générations d’étudiants pendant plus de vingt ans en tant que professeur de sciences politique à l’université de Graz. Cela donnera une idée de la formation qu’on pu recevoir les politiciens européens et américains du début du XXème siècle. Par conséquent, il y tout lieu de penser que les théoriciens du nazisme ont subi de plein fouet les idées racialistes professées par Ludwig Gumplowicz. Contrairement à l’historiographie politique actuelle fabriquée après la seconde Guerre mondiale, ce ne sont ni Gobineau ni Houston Stewart Chamberlain qui sont les inspirateurs du racisme nazi. Ce qui nous fait dire que ce n’est pas Gobineau mais Gumplowicz qui a été le principal inspirateur du racialisme nazi, c’est que Gobineau a certes affirmé la supériorité de la race aryenne mais il n’a jamais appelé à l’exploitation et à la domination des races inférieures par des race supérieures. Gobineau a sans doute une vision hiérarchique des races mais son racisme s’apparente à un paternalisme tel que celui des castes indiennes. D’autre part, Gobineau qui n’a pas l’envergure intellectuelle d’un Gumplowicz est plus un littérateur flamboyant qu’un théoricien rigoureux. Gobineau devient célèbre après l’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne et non pas avant, ce qui exclut toute ascendance intellectuelle du Comte sur les idéologues du nazisme. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas attendu le Comte de Gobineau pour élaborer leurs thèses racialistes ; ils n’ont fait au fond que piocher dans l’abondante littérature anthropologique, philosophique, sociologique, ethnologique, et historique de leur temps qui faisait la part belle aux idées et aux théories racistes. L’idée selon laquelle Gobineau est l’inspirateur du racisme nazi est l’œuvre d’une historiographie européenne qui a été trafiquée après la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faciliter l’intégration de l’Allemagne dans le camp occidental. Depuis 1945, l’histoire européenne a été sciemment retravaillée et réécrite pour créer une association d’idées entre nazisme et racisme alors que l’intelligentsia européenne de la fin du XIX et du début du XX siècle était profondément raciste et imbibée de darwinisme social et de racialisme. On a vainement cherché à cacher la forêt par l’arbre en prenant comme bouc émissaire le Comte de Gobineau comme l’inspirateur des conceptions racistes des nazis alors que cet écrivain et littérateur fait figure de piètre théoricien du racisme à côté d’un Ludwig Gumplowicuz qui, comme nous l’avons vu, professe la haine de l’étranger et justifie, par des renvois historiques, les guerres entre les races, la domination et l’extermination des races inférieures par les races supérieures. Il est difficile de dire si Hitler avait entendu parler de Ludwig Gumplowicz mais ce qui est sûr ce que le Führer avait pour modèle et admirateur, Georg von Schönerer(1842-1921) qui était l’exact contemporain de l’auteur de la « Lutte des races ». En tout cas, même si Hitler ignorait l’existence ou les idées de Ludwig Gumplowicz, les grands théoriciens nazis comme Carl Schmidt, Friedrich List, Richard Wagner, le beau père de H.S. Chamberlain, connaissaient sans doute et avaient entendu parler de Ludwig Gumplowicz. Les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935 promulguées dans le but de maintenir la pureté du sang allemand en interdisant le mariage entre juifs et citoyens allemands ne sont pas une invention du régime nazi mais leurs instigateurs ont sûrement été inspirées par les idées du théoricien juif Ludwig Gumplowicz qui croyait dur comme fer l’existence de races supérieures habilitées et guidées par les lois de l’histoire pour dominer et exterminer les races inférieures. Ludwig Gumplowitz n’avait sans doute pas prévu les conséquences de ses idées mais il a certainement contribué à forger les armes théoriques des idéologues nazis pour procéder à l’extermination des races inférieures, les Tziganes et les Juifs. FAOUZI ELMIR Mots-clés : Ludwig Gumplowicz, darwinisme social, guerre raciale, lutte des races.
Par ELMIR - Publié dans : THEORIE POLITIQUE
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 12:03
TOUR DE FRANCE : DÉCÉRÉBRER LA MASSE ET FAIRE SON BEURRE Avec l’éducation, la télévision et la presse, le sport est un puissant levier dont disposent les États capitalistes pour décérébrer les masses. Aussi les grands groupes capitalistes trouvent-ils dans le sport leur compte et surtout leurs comptes bancaires. Le succès populaire dont jouissent certains sports de compétition comme le Tour de France cycliste et le foot témoigne de l’état de délabrement mental des hommes qui est la condition sine qua non de leur asservissement politique et idéologique. Par simple curiosité, nous nous sommes rendus sur un des lieux de passage du Tour de France. Dès les premières heures de la matinée, des routes ont été fermées et des effectifs de la gendarmerie nationale ont été déployés tout au long du parcours des cyclistes. Pour faire de la publicité pour leurs produits en profitant du champ des caméras de télévision, certaines entreprises avoisinantes ont sorti leurs véhicules publicitaires. Des marchands ambulants ont dressé tentes et parasols en proposant boissons rafraîchissantes, sandwichs et braisier (le barbecue). Pour ne pas rater le « spectacle de leur vie », badauds, estivants français et touristes se sont massés aux abords des routes sous un soleil de plomb en attendant le passage des cyclistes du tour de France. Comme tous les curieux et les badauds, nous attendions impatiemment le passage des coureurs cyclistes du Tour de France. Quelques minutes après notre arrivée, nous voyons passer des véhicules publicitaires, Belin, Carrefour, Panach, LCL etc. Quelques minutes plus tard, suivent d’autres véhicules publicitaires appartenant à d’autres sponsors, Skoda, Etap Hotel, Cochonou, Norbert Dentressangle. Après un moment d’accalmie, nous voilà de nouveau avec d’autres véhicules de sponsors comme Festina, CSC, Antargaz, Brandt, Orange, Nesquik, Haribo, Ricoré, Sodexo, Culture Vélo, Kawasaki, Mavic, Kleber, Petit ambulances. Cela faisait plus d’une heure que nous attendions sous un soleil de plomb et le spectacle auquel nous avons assisté jusqu’ici, c’est un défilé ininterrompu des marques et des sponsors du Tour de France. Puis, nous voyons enfin arriver furtivement les premiers coureurs du tour de France suivis par les autres coureurs du peloton. Tout compte fait, la durée du spectacle, c’est-à-dire voir en sang et en chair les coureurs cyclistes du Tour de France n’a pas dépassé une minute alors que les spectateurs que nous avons passé plus d’une heure et demie sous un soleil de plomb à regarder passer les voitures publicitaires des marques et des sponsors du Tour de France. Le spectateur ne voit pas la même chose que le téléspectateur. Ce que montre la télévision ne correspond aucunement à la réalité, car le téléspectateur voit des coureurs cyclistes alors que ceux qui attendent sur les lieux de passages du tour de France, assistent à un défilé ininterrompu de marques et de sponsors. Cela s’appelle en langage juridique, une tromperie sur le produit, c’est-à-dire, vous croyez acheter un tel produit mais en réalité le vendeur vous vend autre chose, un autre produit qui n’a rien à voir avec ce que vous recherchiez initialement. Le Tour de France est d’abord et avant une entreprise commerciale qui utilise le sport pour faire de l’argent et rien que de l’argent. Les coureurs cyclistes, les Contador, les Armstrong, les Schleck, sont en réalité des marchandises comme les produits que l’on achète à Carrefour. Les cyclistes du Tour de France se dépouillent de leur identité pour devenir la propriété de leurs sponsors pendant toute la durée de la course. Tel coureur ou tel autre est membre d’une équipe propriété d’une marque ou d’une banque. Le tour de France est lui-même organisé par une entreprise capitaliste, Amaury Sports Organisation (ASO) qui prétend « organiser et développer des compétitions de qualité qui respectent les valeurs de l’éthique sport » mais dont l’objectif premier consiste à faire de l’argent sur le dos des coureurs cyclistes. Avec le Tour de France, nous avons un exemple grandeur nature de la manière dont le capitalisme a réussi à décérébrer les masses grâce au sport et aux loisirs débiles. Des heures durant, les téléspectateurs du Tour de France sont collés à leur poste de télévision pour regarder sans se lasser des hommes pédaler et pour écouter les commentaires infantiles des journalistes. Sur les lieux de passage des coureurs cyclistes, ce sont des foules en furie composées d’hommes et de femmes à moitié alcoolisées et à ventres dégoulinants, qui se déchaînement, qui hurlent, crient et applaudissent ceux qui contribuent grandement à leur dégénération mentale et intellectuels, les sportifs de compétition. Le Tour de France nous fournit un autre exemple, celui du « vol » du temps des loisirs des salariés par les capitalistes. Logiquement, les salariés devraient disposer comme bon leur semble de leur temps des loisirs. Or l’organisation du Tour de France coïncide avec les congés annuels de la plupart des salariés pour faire de l’audience pour faire de l’audience et pour ne pas laisser aux exploités du capital aucun moment de répit ou de récupération. C’est dire que dans un système capitaliste, le temps libre n’est pas vraiment du temps libre, car tout est fait pour ne laisser aucun loisir au salarié. Au même titre que la plus-value extorquée durant le procès de la production, le temps des loisirs est aussi un temps volé et un temps manipulé pour faire du profit. Le peu de temps « libre » laissé au salarié est aussitôt récupéré par les capitalistes avec l’aide des mass medias pour canaliser les activités dites de loisirs en permettant à des profiteurs comme c’est le cas d’Amaury Sports Organisation et de la société le Tour de France, à la fois de décérébrer la masse et de faire leur beurre. FAOUZI ELMIR ODILE DEVEAUX Mots-clés, Tour de France, argent, sport
Par ELMIR
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 11:45
40ème anniversaire de la conquête de la Lune POUR UNE SOCIOLOGIE DE L’ANGOISSE Depuis une semaine, les Etats-Unis et leurs satellites européens célèbrent en grande pompe le 40ème anniversaire du voyage d’Apollo 11 et la marche du premier homme sur la Lune le 20 juillet 1969. Des journalistes et des scientifiques se bousculent pour venir relater dans les menus détails les préparatifs du voyage d’Apollo 11 qui avait permis aux trois astronautes, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins de fouler pour la première fois dans l’histoire de l’humanité le sol lunaire. À cette occasion, des festivités et des expositions sont organisées aux Etats-Unis et en Europe avec la réception à la Maison Blanche de l’équipage d’Apollo 11. Outre une conférence de presse donnée au siège de la Nasa à Washington, des images seront diffusées sur les sites d’alunissage et une soirée muscade sera animée par l’Orchestre symphonique national à Washington. Des festivités sont également prévues au Centre Kennedy en Floride, au centre spatial de Houston au Texas et au musée de l’Air et de l’Espace. Ce tapage médiatique autour du voyage d’Apollo a de quoi surprendre quand on sait que le programme d’Apollo a été un fiasco total et dont les résultats sont insignifiants pour ne pas dire nuls au regard des sommes colossales dépensées. Par exemple, du point de vue de la connaissance, le programme d’Apollo n’a réalisé aucun progrès épistémologique puisque les connaissances que nous avons de la Lune et de son environnement remontent à Galilée. Les moyens déployés par le programme d’Apollo sont gigantesques puisqu’il a mobilisé 400 000 personnes et a coûté 25,4 milliards de dollars en 1969, soit 135 milliards en 2009. Alors que l’argent coule à flot pour envoyer des hommes dans l’espace, 95% des 6,2 milliards de terriens vit dans la misère et la privation et les milliards de dollars dépensés pour des résultats si maigres auraient pu nourrir des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui meurent de faim en Afrique ou ailleurs. Contrairement à la célèbre phrase prononcée par Neil Armstrong pour qui marcher sur la Lune est un grand pas pour l’humanité, le voyage d’Apollo en juillet 1969 n’a fait avancer d’un seul iota l’humanité, à cause d’un mode de production fondé sur l’exploitation et le pillage des ressources naturelles des pays du tiers monde. Depuis la conquête de la Lune, le sort de la planète terre et les conditions de vie de l’écrasante majorité des hommes vivant sur la terre, loin d’être améliorés, se sont, bien au contraire, fortement et dangereusement dégradés. Depuis 40 ans, les terriens subissent de plein fouet les effets ravageurs et dévastateurs d’un système impérialiste mondial impérialiste qui a mis à feu et à sang notre planète terre. Si le programme d’Apollo n’a rien changé au sort de l’humanité, il a en revanche permis à quelques industries de faire leur beurre notamment les industries fabriquant des matériaux et des circuits intégrés qui ont permis l’essor et le développement de l’informatique. Il faut dire que ce fameux voyage d’Apollo et la marche du premier homme sur la Lune le 20 juillet 1969 sont tombés dans les oubliettes de l’histoire puisque cet événement est passé inaperçu il y a 10, 20 ou 30 ans. Pourquoi alors ce réveil subit et cet engouement soudain pour le voyage d’Apollo 11 et la marche sur la Lune le 20 juillet 1969 ? Si les Etats-Unis et leurs satellites n’avaient pas célébré en grande pompe, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, les 10ème, 20ème ou 30ème anniversaire de la conquête de la Lune, c’est parce que les États capitalistes n’avaient pas besoin d’un tel événement pour montrer leur puissance et leur hégémonie planétaire. En juillet 1979 ou en juillet 1989, malgré la guerre du Vietnam et la crise économique mondiale, les Etats-Unis restaient la première puissance économique et militaire et ils allaient devenir quelques mois plus tard avec la Chute du mur de Berlin en novembre 1989, le maître incontestable du monde. En Juillet 1999, les Etats-Unis, leurs satellites européens et l’OTAN ont resserré encore un peu plus leur étreinte sur le reste du monde puisqu’ils venaient de rayer de la carte d’Europe, le dernier vestige du communisme, avec le démantèlement de l’ex-fédération yougoslave. Quand on est le maître du monde, on n’a pas besoin du passé, de ses mythes et de ses légendes pour montrer sa puissance puisque les faits parlent d’eux-mêmes. Si les Etats-Unis et leurs satellites européens n’avaient pas célébré en grande pompe le 30ème anniversaire de la conquête de la Lune en juillet 1999, c’est parce qu’ils étaient à l’apogée de leur puissance et que leur domination sur l’ensemble de la planète était un fait avéré et indiscutable. À quoi bon faire appel au passé et aux mythologies politiques quand le présent sert lui-même de pièce de conviction et suffit amplement à prouver la puissance et la domination des maîtres actuels du monde ? Mais, depuis dix ans, le monde a changé et notre monde en juillet 2009 n’est plus celui de juillet 1999. En dix ans, entre 1999 et 2009, le monde capitaliste dominé par les Etats-Unis vacille sur ses pieds et subit de plein fouet les effets d’une crise mondiale sans précédent. La crise immobilière de subprime et la cascade de faillites des grandes banques américaines ont mis à genoux le l’économie capitaliste que l’on croyait prospère et florissant. Les États capitalistes découvrent du coup une économie vacillante, un colosse aux pieds d’argile mais aussi un système qui n’est plus viable et qui s’oriente inexorablement vers sa fon promulguée. La théorie de la fin de l’histoire de Samuel Huttington s’est ainsi trouvée en porte à faux et infirmée par les faits quand les grandes banques américaines, symbole de la toute puissance économique américaine, se sont effondrées en quelques semaines comme un château de cartes. Les aventures militaires des Etats-Unis et de leurs satellites européens en Afghanistan et en Irak qui ont coûté des trillions de dollars ont saigné à blanc l’économe américaine qui est dans un état de putréfaction avancé et qui ne doit sa survie qu’à la perfusion publique avec à la clé des plans de relance à répétition financés par l’argent du contribuable et par l’épargne populaire. Les Etats-Unis et leurs satellites européens constatent par eux-mêmes que leur système tant vanté est en train de mourir de sa mort naturelle, à petit feu, faute de solutions et d’alternatives crédibles. En témoigne le nombre de chômeurs qui grimpe en flèche et que personne n’a la potion magique pour arrêter l’hémorragie et la descente en enfer. Pour divertir et maquiller les problèmes existentiels des victimes du capitalisme, les stratèges de la propagande politique rivalisent d’imagination en inventant des thèmes et des sujets comme la soi-disant pandémie de la grippe porcine. L’idée de célébrer en grande pompe le 40ème anniversaire du voyage d’Apollo 11 fait partie d’un plan préétabli décidé et concocté par des scientifiques et des agents de la propagande politique aux Etats-Unis et en Europe dans un but bien précis : manipuler le psychisme des masses. Mais la célébration du 40ème anniversaire de la marche du premier homme sur la Lune doit être interprétée aussi comme un symptôme pathologique de sociétés rongées par la peur et l’angoisse. N’ayant plus de perspectives d’avenir, les classes dominantes des Etats capitalistes sont en proie à des doutes et à des incertitudes qui favorisent les relents millénaristes, les nostalgies passéistes, le culte du chef charismatique et les obsessions maléfiques. La peur et la perte de sens provoquent la paralysie et l’inertie du corps social. L’inertie sociale et politique Marx la considère comme une forme d’aliénation engendrée par la division du travail dans le mode de production capitaliste et que certains sociologues comme Durkheim et Robert Merton l’analysent en termes d’anomie. Le sociologue américain Merton appelle anomie une situation objective d’un système social et « anomia » la réaction subjective de l’individu. Merton considère comme principal facteur objectif l’énorme décalage qui existe entre les objectifs acceptés par toute une société et les moyens réels de les atteindre qui sont à la disposition d’une partie seulement des membres de cette société. La meilleure illustration de ce décalage est la prospérité économique que tous rêvent d’atteindre mais à laquelle seulement quelques-uns parviennent. Dans ce cas, l’anomie se manifeste par la frustration et par un sentiment général d’impuissance due à l’impossibilité d’atteindre cet objectif dans le cadre d’une société existante. C’est ce décalage entre les objectifs et les moyens qui conduit à un phénomène de régression et à la recherche d’objets imaginaires et fantaisistes en signe de compensation. Pour Freud le recours à des objets fantastiques est provoqué par l’introversion considérée comme le décalage entre l’état d’insatisfaction de la libido et sa régression vers des objets imaginaires ou fantaisies. Pour Freud, c’est l’introversion qui se trouve à l’origine de la vie imaginative et qui favorise l’éclosion de l’art. Un artiste qui est par définition un introverti est un névrosé en puissance qui créé et invente un monde imaginaire pour compenser un manque et une insatisfaction réelle dans la vie quotidienne. Méfions-nous des apparences trompeuses. Dans la célébration du 40ème anniversaire du voyage d’Apollo sur la Lune, il n’y a pas que de la science et de la technique. Il y a aussi une action de thérapie sociale et un brin de nostalgie envers un passé à jamais révolu. Au-delà du pavoisement et de l’autosatisfaction, la célébration du 40ème anniversaire d’Apollo révèle l’angoisse et la peur des classes dominantes dans les États capitalistes qui cherchent à les exorciser par la sublimation,par l’évasion extraterrestre et par la construction d’un monde imaginaire et fantastique. Ce phénomène de régression vers les objets imaginaires est le propre des grandes civilisations qui, à l’heure de leur crépuscule, opéraient un repli vers leur passé en inventant des mythes et des mythologies pour compenser leur impuissance à dominer le présent et à prévoir l’avenir. FAOUZI ELMIR Mots-clés : conquête de la Lune, Apollo 11, psychanalyse.
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